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Bolloré perd définitivement son procès contre Mediapart sur ses pratiques au Cameroun

Dans un arrêt du 11 octobre, la Cour de cassation a rejeté leur pourvoi en soulignant « la base factuelle suffisante »…

Dans un arrêt du 11 octobre, la Cour de cassation a rejeté leur pourvoi en soulignant « la base factuelle suffisante » de l’enquête de Fanny Pigeaud.

La Cour de cassation a rejeté le mardi 11 octobre le pourvoi de la multinationale française et confirmé la décision de la cour d’appel qui avait jugé que les journalistes Edwy Plenel et Fanny Pigeaud avaient fait leur travail de bonne foi.

En effet, « le 13 avril 2016, sous la signature de notre collaboratrice Fanny Pigeaud qui connaît fort bien le Cameroun, Mediapart racontait le combat de deux petits patrons camerounais pour faire respecter par le groupe Bolloré un jugement rendu par la justice locale en leur faveur Le litige durait alors depuis 23 ans et avait mené à leur ruine, dans un contexte où le groupe Bolloré, par son omniprésence dans les activités économiques du pays, imposait sa puissance aux autorités politiques et judiciaires de Yaoundé ».

Bolloré avait alors saisi le tribunal de Nanterre, lequel a sévèrement condamné le média engagé le 8 janvier 2019, jugeant l’article empli de « mauvaise foi », et que « en tant que journaliste d’investigation, Fanny Pigeaud se devait d’être irréprochable dans son travail d’enquête ».

L’article de Fanny Pigeaud avait été considéré par la Cour d’appel de Versailles « d’intérêt général au regard des multiples activités du groupe Bolloré particulièrement influent en Afrique » et traité avec « une base factuelle suffisamment sérieuse ».

Le 11 octobre dernier, la cour de cassation s’est prononcée une nouvelle fois au profit de Mediapart, déboutant définitivement Bolloré dans cette affaire. La cour étaye son jugement en ces termes : « les propos litigieux ne reposent pas uniquement sur des déclarations non vérifiées de tiers mais aussi sur un faisceau de pièces tendant à conforter ces propos, dont la décision inexécutée de la Cour suprême et le courrier de la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Cameroun, confirmant le caractère exécutoire de la décision [condamnant le groupe Bolloré à indemniser les deux patrons camerounais] ».

 

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