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Cameroun: Avocats sans frontières dénonce la mort «suspecte» d’un défenseur de la cause homosexuelle

L'association Avocats sans frontières a dénoncé, lundi, la mort «dans des conditions suspectes», le 10 janvier dernier, du «symbole de…

L’association Avocats sans frontières a dénoncé, lundi, la mort «dans des conditions suspectes», le 10 janvier dernier, du «symbole de la lutte homosexuelle au Cameroun», Claude Roger Mbede

Dans un communiqué publié lundi, ce regroupement professionnel, mais aussi l’Association de défense des homosexuels (ADEFHO), demandent instamment aux autorités camerounaises d’établir toute la lumière sur les circonstances suspectes de ce décès, d’entamer des poursuites judiciaires si nécessaire et de se conformer aux droits fondamentaux, notamment à la liberté personnelle et au droit à la vie privée. Mort à 34 ans, Claude Roger Mbede avait, le 28 avril 2011, été condamné à 3 ans d’emprisonnement et à 33.000 FCFA d’amende pour délit d’homosexualité par le tribunal de première instance de Yaoundé, la capitale du pays. Il avait ensuite bénéficié d’une mise en liberté provisoire, le 16 juillet 2013, avant de retourner dans son village sis non loin de Yaoundé. Il fut ensuite opéré d’un cancer des testicules et, selon Avocats sans frontières et l’ADEFHO, du fait de la médiatisation de son cas, a «vécu une vie de fugitif, faisant continuellement l’objet de menaces de mort anonymes», son orientation sexuelle causant par ailleurs le rejet intégral de sa famille.

Les protestataires se font l’écho de ce que, malade, il était séquestré par des proches dans un village voisin, que sa famille aurait souhaité sa mort pour laver l’opprobre jeté sur elle du fait de son orientation sexuelle. «Ils l’auraient ainsi laissé, sciemment, sans soins, alors que son état général se dégradait de jour en jour.» Aujourd’hui, ses avocats «condamnent fermement les autorités camerounaises, qui violent les traités internationaux signés et ratifiés par elles ainsi que la Constitution camerounaise, en pénalisant l’homosexualité et en laissant la population adopter un comportement homophobe». Pour eux, M. Mbede, qui restera le symbole de la lutte pour la dignité humaine, ne devait pas mourir, aucune pratique sexuelle entre adultes consentants ne pouvant faire l’objet de sanctions pénales. En outre, estiment-ils, le gouvernement camerounais a obligation, en tant qu’Etat de droit, d’imposer la tolérance et le respect de l’autre.


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