Politique




Cameroun-Département du Noun : bras de fer entre la maire de Foumban et le préfet sur la création d’une police municipale

Patricia Tomaïno Ndam Njoya accuse le préfet de bloquer, dans les mairies contrôlées par un parti d’opposition, ce qu’il a…

Patricia Tomaïno Ndam Njoya accuse le préfet de bloquer, dans les mairies contrôlées par un parti d’opposition, ce qu’il a autorisé dans celles dirigées par le RDPC au pouvoir.

Elle l’a mauvaise, Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya, la maire de la commune de Foumban, région de l’Ouest du Cameroun. Dans une correspondance datée du 21 aout 2020, le préfet du département du Noun a mis un holà au projet de recrutement et formation en vue de la constitution d’une police municipale.

Recrutement lancé 24 heures plus tôt par la maire de Foumban, qui en sa qualité de présidente du Syndicat des communes du Noun, annonçait dans un communiqué du 20 août 2020, que la formation pour les candidats devait débuter le vendredi 21 août.

Pour justifier ce refus, le préfet soutien que la création de ce service de police viole l’article 216 (3) du Code général des Collectivités territoriales décentralisées.

Le texte stipule que la délibération municipale pour la création d’un service de police municipale doit être soumise à l’approbation préalable du ministre en charge des collectivités territoriales. Mais qu’à date, « aucune autorisation du ministre de la Décentralisation et du Développement local n’a encore été donnée ». Par conséquent, « tout recrutement et formation de personnel doit immédiatement prendre fin ».

La réponse enragée de la maire Tomaïno Ndam Njoya ne s’est pas fait attendre. Tout en rappelant au préfet Donatien Bonyomo qu’il est « à une semaine de la fin de la prorogation de la date de [son] admission à la retraite », l’édile rappelle à cette autorité administrative que la mise sur pied de ce service de police va se faire envers et contre tout. « Nous sommes nous au début de notre mandat […] Nous allons y arriver pour le bonheur de nos populations », défie Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya.

La maire marque sa surprise face à l’attitude du préfet. Celui-ci aurait autorisé le même service de police pour une mairie dirigée par le RDPC , le parti au pouvoir, dans le département du Noun, « mais face aux mairies du UDC, vous avancez qu’elles forment des milices ? », s’étonne-t-elle.

Elle informe le préfet que le ministre de la Décentralisation a été saisi « pour lui faire savoir qu’au regard de la disponibilité des formateurs, nous commencions une formation qui va durer trois mois. Entre temps, les délibérations qui ont déjà été votées auront tout le temps de lui parvenir ».

Une fois de plus, elle ne manque pas d’accuser le préfet, pour qui le « problème serait ailleurs ». Une réaction du ministère de la Décentralisation permettra au finish de trancher le différend.

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