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Cameroun : en 40 ans, pas un pas sans dette

Arrivé au pouvoir le 06 novembre 1982, la promesse du fils de Mvomeka’a de ne pas amener le Cameroun au FMI…

Le Cameroun vit sous endettement excessif

Arrivé au pouvoir le 06 novembre 1982, la promesse du fils de Mvomeka’a de ne pas amener le Cameroun au FMI n’aura pas tenu longtemps.

Chaque Camerounais est endetté à hauteur d’au moins 300 000 FCFA pour l’année. Le Cameroun depuis plusieurs années ne cesse de signer les accords de prêts avec les organisations étrangères pour maintenir son économie debout.

Pourtant, environ trois ans après son accession au pouvoir, lorsque les rumeurs d’entrée au Fonds Monétaire International (FMI) se font sentir pour apporter une assistance à l’économie camerounaise en chute, le chef de l’Etat Paul Biya est intervenu. « Le Cameroun n’ira pas au FMI » dans le quotidien Cameroon Tribune du 22 mars 1986.

Une promesse qui sera de courte durée. Puisque quelques temps seulement après ce serment, le pays de Paul Biya entre dans une ère d’ajustement à travers d’innombrables accords de prêts auprès des organismes internationaux avec pour but de développer l’économie de manière compétitive. Cependant, les résultats dus à la gestion de ces prêts sont extrêmement discutés auprès de l’opinion.

Entre 1998 et 2020 par exemple, le budget de la dette au Cameroun a varié entre 1,5 milliards et 12,6 milliards d’euros par an. En 2020, dernière année évaluée, le montant de 12,57 milliards d’euros a été le plus élevé des 22 dernières années.

Rapporté au nombre d’habitants, cela correspond à un endettement de 474 euros (environ 311 250 FCFA) par personne. A titre de comparaison, l’endettement moyen par habitant au sein de l’UE était de 26.964 euros la même année, selon les chiffres de donnéesmondiales.com.

En effet, la dette du Cameroun a franchi le cap symbolique d’environ 12.000 milliards de Francs CFA ; c’est le même montant qui avait déclenché l’ajustement structurel en 1987.

La Caisse autonome d’amortissement (CAA), gestionnaire de la dette publique du Cameroun, indique qu’au 31 mars 2022, l’encours de la dette du secteur public camerounais s’élève à 11 456 milliards de FCFA, représentant 45% du PIB. Ce stock est en augmentation de 7,4% en glissement annuel, et se compose de 92,5% de la dette directe de l’administration centrale et de 7,4% de la dette des entreprises publiques.

« Si on s’en tient à la dette extérieure, sa croissance annuelle est de 14% par an, alors que les recettes d’exportation qui permettent de la payer n’évoluent que de 3%. C’est un indice extrêmement grave d’un endettement de plus en plus incontrôlable », s’insurge la Coordination de la Plateforme d’Information et d’Action sur la Dette (Pfiad).

Face à ce surendettement, le Cameroun a signé avec le FMI un Programme Économique et Financier triennal (2021-2024), qui a été présenté comme un cadre de collaboration visant à redresser la situation du Cameroun et des autres pays de la Cemac.

« Mais à l’évidence, cette collaboration ne se déroule pas comme prévu. Lors de la première revue dudit programme qui s’est déroulée du 2 au 16 décembre 2021, le FMI a reproché au gouvernement de n’avoir mis en œuvre que trois des huit réformes structurelles attendues entre juillet et décembre 2021 », fait remarquer la Pfiad.

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