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Code électoral révisé: Le projet en plénière divise la classe politique

Son adoption ne fait pas l'ombre d'un doute, mais son contenu divise toujours la classe politique Sans aucun doute, le…

Son adoption ne fait pas l’ombre d’un doute, mais son contenu divise toujours la classe politique

Sans aucun doute, le projet de code électoral révisé dont l’examen débute ce vendredi 13 avril 2012, par les députés camerounais, sera validé conformément aux amendements qui lui ont été apportés lors des travaux en commission des lois constitutionnelles. L’ambiance semble désormais détendue au sein de la famille politique largement majoritaire à l’Assemblée Nationale, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) du président Paul Biya. «Le chef de l’Etat a le mérite d’avoir impulsé cette révision qui nous permet longtemps après les indépendances d’avoir un code électoral moderne et adapté à la volonté des camerounais », affirme un député du RDPC, croisé dans les couloirs du parlement. Les membres du RDPC ont de quoi être ravis. Le gouvernement a donné quitus pour une bonne partie des amendements proposés par eux, au premier rang desquels, le montant de la caution pour les députations. Proposée pour être fixée à 5 millions de FCFA, le gouvernement consent désormais que le montant soit ramené à 3 millions. Au sein du RDPC, on semble désormais serein quant à l’adoption du nouveau code. « J’entends des personnes dire ça et là qu’il n’ya pas eu d’avancée et je dis c’est dommage, la profondeur des discussions en commission est la preuve même de la volonté de faire avancer les choses. Le nouveau code parle de biométrie par exemple et de beaucoup d’autres choses revendiquées par l’opposition et la société civile. Je pense à mon avis que nous devons déjà commencer et améliorer les choses avec l’évolution du temps», affirme Emilia Monjowa Lifaka, la vice-présidente du groupe parlementaire du RDPC au parlement. Certains députés versent même dans l’ironie, à l’évocation des revendications de l’opposition. « Ils ne sont pas sérieux, ils ont demandé qu’on retire les dispositions sur le mandat impératif parce qu’anticonstitutionnel, la demande pourra être prise en compte. Mais là ils demandent une élection à deux tours, alors que c’est une proposition qui va à l’encontre de la constitution, difficile de savoir ce qu’on veut dans ce cas », explique un autre député du RDPC.

[Fortes critiques de l’opposition et de la société civile
L’adoption du texte devrait néanmoins se faire sans les voix de l’opposition, du moins celles opposées au pouvoir. Au sein du parlement, les tenants de la fronde sont les députés du Social Démocratic Front. Première critique au code, son projet n’aurait pas été élaboré selon les promesses faites par le premier ministre. «Nous particulièrement, sommes déçus. A l’annonce de la refonte des listes, de l’introduction de la biométrie et de la révision du code en un code unique et mieux élaboré, on avait enfin cru que nous venions au bout d’un combat vieux de 30 ans. Lorsque nous avons été reçus par le Premier Ministre et qu’il a entendu nos propositions, ce dernier nous avait promis que le draft du projet du code serait envoyé aux partis de l’opposition et aux acteurs de la société civile pour relecture avant l’envoi au parlement. Nous avons seulement constaté que le projet de loi était arrivé au parlement, ce qui selon nous ne participe pas d’une volonté de consensus » a expliqué Joseph Mbah Ndam, le président du groupe parlementaire SDF à l’assemblée nationale. L’opposition mise à part l’absence d’élections à deux tours, critique fortement le système de biométrie retenu par le projet de code révisé. « La biométrie suppose la mise ensemble des données liées à la personne et à l’informatique. Mais dans le cadre de la loi proposée, il s’agira simplement d’empreintes digitales et de photo, rien de vraiment biométrique. Nous pensons qu’il ne sert à rien de jeter des milliards de francs, si c’est pour faire des cartes d’électeur informatisées, ce n’est pas ça de la biométrie », explique un député du SDF. Ce parti critique aussi la répartition des rôles au sein d’ELECAM. La limitation des pouvoirs entre la direction générale et le conseil électoral serait trop mince. « La direction générale rend compte tous les trois mois, et même s’il rend compte au conseil électoral, ce dernier ne peut pas le sanctionner, seul peut le Président de la République, donc du coup la direction générale de cet organe qui représente l’administration est très puissante » explique Monsieur Mbah Ndam. Ce dernier pense d’ailleurs que finalement, le nouveau code n’est qu’une association des anciens textes violateurs des droits électoraux, dans un seul et même corps. Des nombreux observateurs sont pourtant d’avis que malgré les divergences qui entourent son adoption, sous le nouveau code électoral, la manière de faire la politique au Cameroun va connaitre de profondes mutations.

L’adoption du nouveau code électoral camerounais ne fait pas l’ombre d’un doute

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