Guinée-Bissau : Après le décès du président, la transition frise la tension

Le président Malam Bacaï Sanha est mort ce lundi 9 janvier à Paris d'une longue maladie et la préparation de…

Le président Malam Bacaï Sanha est mort ce lundi 9 janvier à Paris d’une longue maladie et la préparation de la transition n’est pas des plus paisibles

Pour l’heure, à Bissau, le tout Etat se prépare à assurer la période de transition sous l’intérim du président de l’Assemblée nationale, Raimundo Pereira, dûment désigné par la loi fondamentale pour organiser un nouveau scrutin présidentiel dans un délai de 60 jours. Trop court pour les uns qui, comme Ban Ki-moon, espèrent que la succession se fera néanmoins en toute légalité ; trop long pour les autres qui n’entendent pas laisser le chef du pouvoir législatif prendre les rênes du pouvoir, pas même pour un si bref délai. Ces voix discordantes sont portées par 14 partis de l’opposition qui, d’ores et déjà, récusent la personne de Raimundo Pereira. Déjà très précaire depuis les événements de ces dernières semaines, la situation en Guinée-Bissau pourrait basculer une fois de plus, faisant de la transition naissante une période sous haute tension.

Malam Bacaï Sanha est mort d’une longue maladie. Celui qui, il y a trois ans, avait été propulsé à la tête de l’Etat après l’assassinat brutal de son prédécesseur Nino Vieira a fini par succomber à la maladie sans nom qui le rongeait depuis de longues années. Un grand mystère que la mort du président, après de nombreuses hospitalisations à Dakar puis à l’hôpital militaire du Val de Grâce, n’aura pas réussi à dissiper. Comme bien d’autres avant lui, la santé du président de Guinée-Bissau, bien au-delà de la modeste personne de cet ancien combattant de l’indépendance, s’est transformée, à son corps défendant, en affaire d’Etat, donc très sensible. Cela, d’autant plus que le pays souffre depuis son émancipation d’une instabilité chronique rythmée par des coups d’Etat ou des mutineries et renforcée par l’implantation d’une véritable plaque tournante du trafic de drogue en direction de l’Europe.

Le corps du président bissau-guinéen Malam Bacaï Sanha, sera ramené samedi 14 janvier à Bissau, avant son enterrement prévu dimanche, a-t-on appris auprès du ministère bissau-guinéen des Affaires étrangères. L’arrivée de la dépouille est prévue samedi après-midi par un vol spécial affrété par le gouvernement bissau-guinéen. Le corps sera acheminé à la forteresse d’Amura, siège de l’état-major général des armées, dans la capitale, avant d’être déposé devant l’Assemblée nationale pour un dernier hommage populaire à Bissau et son inhumation prévue dimanche dans un lieu non encore déterminé. Le gouvernement bissau-guinéen souhaite que le défunt chef d’Etat soit enterré au cimetière des Martyrs, au siège de l’état-major des armées où repose Amilcar Cabral, fondateur du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), figure des luttes de libération en Afrique et père de l’indépendance de la Guinée Bissau. Mais sa famille veut qu’il soit inhumé à Kam, son village natal dans le Sud du pays. Malam Bacaï Sanha est décédé à l’âge de 64 ans d’une maladie inconnue. Il avait été élu en juillet 2009 à la tête de ce pays lusophone d’Afrique de l’Ouest confronté régulièrement à une instabilité politique et militaire dans laquelle les militaires jouent un rôle prépondérant.

Le président Malam Bacai Sanha, lors d’un discours à l’ONU, en septembre 2010
AFP)/n