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La CAN est finie, vive la CAN !

L’expert-comptable s’insurge contre la Caf qui a vendu l’identité et l’âme de sa compétition phare à une multinationale occidentale. Il…

L’expert-comptable s’insurge contre la Caf qui a vendu l’identité et l’âme de sa compétition phare à une multinationale occidentale. Il tire, par ailleurs, les leçons de la grande fête du football africain…

La 33e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football 2021 qui s’est jouée en 2022 s’est terminée le 06 février 2022 au stade d’Olembe de Yaoundé avec le 1er sacre mérité des Lions Sénégalais de la Teranga.

 Le Cameroun a, comme par magie, finalement réussi à relever les défis sécuritaire, organisationnel, et sportif de sa CAN, et cela malgré l’incident de la bousculade du stade d’Olembe et l’élimination en demi-finale des Lions indomptables face aux pharaons d’Égypte aux tirs de pénalty. Le scénario de la «remontada» historique des Lions indomptables face aux Étalons du Burkina Faso lors de la petite finale (match de classement pour la 3e place), a été vécu par les Camerounais comme une grande victoire.

Aurevoir donc à la CAN « TOTAL ENERGIES » 2021 du Cameroun et bonjour à la CAN « TOTAL ENERGIES » 2023 de la Côte d’Ivoire. Il n’y a qu’en Afrique où une entreprise multinationale européenne peut acheter à coup de millions d’Euros l’identité et l’âme d’une compétition continentale d’envergure de la CAN. Pourquoi n’y a-t-il pas d’EURO «TOTAL ENERGIES » ou de COPA AMERICA « TOTAL ENERGIES » ?

Pourquoi c’est toujours l’Afrique qui comme au bon vieux temps de l’esclavage puis de la colonisation, vend son identité, son âme, et la fierté de son peuple à une simple société multinationale? Ce n’est nullement la faute de cette société qui saisit les opportunités qui se présentent à elle, mais c’est le manque de jugement des dirigeants du football africain qui n’auraient pas dû accepter de brader le nom de cette compétition qui appartient entièrement et exclusivement aux peuples d’Afrique.

Le sponsoring d’un événement ne devrait pas permettre de donner le nom de l’événement au sponsor quelque soient les sommes d’argent investies. Au Cameroun, l’union sacrée manifestée durant le mois qu’a duré la CAN s’est vite envolée une fois les lampions éteints, avec la résurgence des vieux démons d’antan.

C’est le cas du conflit entre le ministre des Sports et le président de la Fédération Camerounaise de football (FECAFOOT) sur la gestion de l’équipe nationale, notamment la question du limogeage ou du maintien dans ses fonctions, de l’entraîneur sélectionneur Antonio Conceçao, L’avantage dans ce conflit est à Samuel Eto’o, le président de la FECAFOOT, qui apparaît dans l’opinion comme la forte tête tant attendue pour limiter ou contenir les ingérences des pouvoirs publics dans la gestion de l’équipe nationale.

Monsieur Samuel Eto’o est indiscutablement dans son rôle; il a la crédibilité, la légitimité populaire et la compétence technique pour gérer l’équipe nationale et décider du sort de l’entraîneur. D’ailleurs, stratégiquement et politiquement, quoique disent les textes, le gouvernement aurait plutôt été plus intelligent de s’appuyer sur Samuel Eto’o en le laissant gérer cette affaire de l’entraîneur, au lieu de vouloir une fois de plus décider de tout et de soutenir un entraîneur impopulaire.

Le gouvernement n’a-t-il pas d’autres chantiers prioritaires et importants pour le pays à gérer ? Qu’est-il des autres sports? Dans le domaine des infrastructures sportives il faudrait déjà s’atteler à terminer les chantiers inachevés et réceptionner les installations non encore livrées autour des stades d’Olembe et de Japoma.

Sur le plan des retombées économiques, seules les brasseries, les bars et les restaurants s’en sont mieux tirés en vendant un peu plus de bières que d’habitude. Le secteur hôtelier qui a plus investi pour la CAN n’a presque rien gagné. En effet, les hôtels n’ont pas eu l’affluence escomptée, la faute aux mesures restrictives imposées par la crise sanitaire qui limitent l’arrivée des supporters étrangers.

Dans l’ensemble la compétitivité des entreprises au Cameroun a été ralentie pendant le mois de janvier qu’a duré la CAN, à cause notamment de la réduction du temps de travail dans les administrations publiques et dans les écoles, et des limitations de transport et des déplacements des biens et des personnes.

Sur le plan social, la CAN a fait renaitre le patriotisme des camerounais qui s’est manifesté par « la guerre » des mots dans les réseaux sociaux entre camerounais et ivoiriens, les deux peuples les plus amis d’Afrique, et par la bonne humeur et la ferveur populaire des camerounais pendant la CAN en soutien à leur équipe nationale. On n’a jamais vu autant de drapeaux et de maillots arborant les couleurs vert rouge jaune le long des routes de Yaoundé, Douala, Bafoussam, Garoua, Limbe, et autres villes du Cameroun.

Ayant pris goût à cette CAN somme toute sucrée, les Camerounais en redemandent ! Mais de grâce pas dans cinquante ans, car nous ne serons probablement plus là en 2072 !

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