Société




Le Cameroun a soif sous l’ère du Renouveau

De 1982 à 2022 l’Etat n’arrive toujours pas à satisfaire sa population en matière d’eau potable ; ni en quantité ni…

Difficile d'accéder à l'eau potable au Cameroun

De 1982 à 2022 l’Etat n’arrive toujours pas à satisfaire sa population en matière d’eau potable ; ni en quantité ni en qualité.

La pléthore d’organisations (Snec, Camwater, Camerounaise des Eaux, ministère de l’Eau et de l’Energie…) dédiée à l’approvisionnement et la distribution de l’eau potable au Cameroun éprouve d’énormes difficultés.

Au compteur des freins, on dénombre entre autres les dysfonctionnements structurels, la démographie galopante des villes, l’étiage sévère et les casses, fuites et vols de réseaux causés par des brigands…ou les coupures d’électricité intempestives de la société qui fournit l’électricité.

Septentrion, le bassin du manque d’eau

Face à la maxime « l’eau c’est la vie », les populations du septentrion, pourtant, grand bassin électoral du RDPC répondront, « l’eau vaut la vie ». Pas une fois, pas deux fois seulement, plusieurs citoyens ont perdu la vie en allant à la quête de l’eau dans cette partie du pays.

« Moi, j’ai perdu deux enfants à cause de l’eau, les enfants m’ont quitté pour aller chercher de l’eau curieusement on m’appelle pour me dire que les enfants se sont noyés dans le puits et j’ai ramené seulement les deux corps à la maison », témoignait en 2019 une mère à Africanews. Des cas comme celui-ci, peuvent se citer en grand nombre.

Tokombere, Mokio, Takamsa et bien d’autres localités du septentrion Cameroun vivent le calvaire faute d’eau. Dans ces villages, des femmes sont obligées aussi de faire des kilomètres, ou de creuser des trous dans le sable afin de recueillir de l’eau. Une eau impropre à la consommation avec des risques de maladies hydriques.

Pourtant, une promesse présidentielle en 2011 prévoyait la construction de 3000 forages pour mettre à l’abri le septentrion.

La concrétisation de cette promesse de campagne datant de la présidentielle 2011, a été inscrite comme projet prioritaire dans le budget du ministère de l’Eau et de l’Energie pour la période 2023-2025. A cette date, le gouvernement doit encore aménager 1 431 forages pour les trois régions septentrionales.

Pourtant, en 2016, le ministère de l’Eau et de l’Energie avait indiqué que ce projet allait figurer dans le volet eau et énergie du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique, lancé en 2014 pour le triennat 2015-2017.

Paul Tasong ministre délégué auprès du ministère de l’Economie a expliqué face aux députés le mardi 22 juin 2022, qu’en 2020, la somme de 5 milliards de FCFA avait été injectée pour l’avancée de ce projet, qui jusqu’ici, n’a toujours pas abouti. Il reste néanmoins que 1 569 autres forages ont déjà été construits dans ces régions au cours des dix dernières années, dans le cadre de cette promesse du chef de l’Etat.

Si le Septentrion vous semble très loin, souvenez-vous que la perturbation en approvisionnement d’eau a élu domicile depuis plusieurs semaines, à Yaoundé, capitale politique même du pays.

Pour y remédier, les prêts…

Septembre 2022, l’État du Cameroun a sollicité un crédit de 35,16 millions de dollars, soit un peu plus de 23 milliards de FCFA, auprès d’Eximbank-Inde pour financer le projet de reconfiguration du réseau de distribution d’eau potable de la ville de Yaoundé. Le projet permettra la fourniture et la pose de 348 km de réseau tertiaire.

En dehors de la ville de Yaoundé, l’entreprise indienne WPIL a signé en 2018, un contrat pour la conception, la réhabilitation et la construction de systèmes d’approvisionnement en eau potable dans 20 villes camerounaises. Ce projet, qui doit être implémenté dans les régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et du Sud, engloutira une enveloppe globale de 34 milliards FCFA, selon le ministère de l’Eau et de l’Énergie.