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Nice: Début ce 31 mai du sommet Afrique-France

Pour la France c'est le sommet de la rupture, de nombreux expert en doutent Victoire des intérêts de la France…

Pour la France c’est le sommet de la rupture, de nombreux expert en doutent

Victoire des intérêts de la France sur la volonté de rupture de Nicolas Sarkozy
Aujourd’hui et demain se tient à Nice le 25e sommet France-Afrique. A l’exception de Madagascar, en pleine crise politique, et du Zimbabwe, dont le président Robert Mugabe est interdit de séjour dans l’Union européenne, tous les pays du continent y sont représentés, soit par leur chef d’Etat ou de gouvernement, soit par un ministre, voire un envoyé spécial. Le sommet devait se tenir en janvier à Charm el-Cheikh, en Egypte, mais l’insistance du Caire à inviter le président soudanais Omar El-Béchir, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et contre l’humanité, a entraîné son report en France – où Béchir ne peut venir sans être arrêté – contrairement à l’usage qui veut une alternance entre la France et le continent. Dans ses nombreux discours, le président français Nicolas Sarkozy indiquaient clairement qu’il n’en voulait plus

D’abord, cette relation doit être plus transparente. Il nous faut la débarrasser des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés.
Nicolas Sarkozy, président Français

Des experts affirment que les réseaux auraient eu le dessus sur la volonté de rupture du président français. De nombreux Présidents présents à ce sommet font l’objet de nombreux reproches. Longévité au pouvoir, démocratie relative, appauvrissement constant de la population. Pourtant il y a quelques évolutions. Le sommet au niveau de sa structuration a connu une évolution. Du temps de François Mitterrand ou Jacques Chirac, la veille du sommet, il y avait la tradition du dîner. Aujourd’hui, c’est terminé parce que le président français donne aujourd’hui la priorité aux pays africains qui pèsent sur la scène internationale et qui sont solvables. Deux rencontres ont été calées en priorité, un déjeuner avec le Sud-Africain Jacob Zuma aujourd’hui, et un tête-à-tête avec le Nigérian Goodluck Jonathan demain. Soit les deux géants économiques du continent. Le Président de la République française tiendra trois autres réunions à huis clos avec l’ensemble des Chefs d’Etat et de Gouvernement sur les enjeux politiques majeurs du 21ème siècle : la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale (lundi 31 mai après-midi) ; renforcer ensemble la paix et la sécurité (lundi 31 mai après-midi) ; le climat et le développement (mardi 1er juin matin).

25 ans d’évolution
Le premier sommet entre la France et le continent est créé par la volonté de Georges Pompidou. L’enjeu principal, à cette date, est géopolitique : après la guerre israélo-arabe, il s’agit de participer, et de faire participer l’Afrique, à la construction de la paix autour du bassin méditerranéen. Parmi les plus importants il y a celui de 1990 à La Baule. Un sommet qui aura marqué un tournant dans la politique africaine de la France. Le lien entre démocratie et développement y est souligné. Le président François Mitterrand déclare que l’aide française sera plus «tiède» pour les régimes autoritaires, «enthousiaste» envers ceux qui s’ouvriront à la démocratie. 1994 à Biarritz, François Mitterrand critique les contraintes imposées par la Banque mondiale aux pays africains. Le sommet adopte le principe de la création d’une force interafricaine d’intervention. Tenue en novembre, cette rencontre intervient après deux événements majeurs en Afrique, la dévaluation du franc CFA et le génocide au Rwanda, donnant lieu à de violentes critiques quant au rôle de la France dans ces pays. Le 25e sommet Afrique-France se tient aujourd’hui et demain à Nice et s’ouvre pour la première fois aux chefs d’entreprises français et africains. Au menu, la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale, mais aussi la négociation d’accords attendus en matière sociale, énergétique et environnementale. 80 entrepreneurs français et 150 entrepreneurs africains, venant de toutes les régions du continent, sont conviés à participer aux travaux, de même que des organisations syndicales.

Nicolas Sarkozy et quelques présidents africains
A. Arraou/Elysee.fr)/n

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