PersonnalitésDiaspora , Personnalités




Oliver N’goma n’est plus!

Le monument de la chanson gabonaise est décédé ce lundi 07 juin des suites de maladie Affectueusement, on l'appelait Noli.…

Le monument de la chanson gabonaise est décédé ce lundi 07 juin des suites de maladie

Affectueusement, on l’appelait Noli. Et c’est tout naturellement qu’il avait marqué les esprits du public africain, gabonais et librevillois en particulier. Il était surtout connu pour sa discrétion et c’est dans la même attitude qu’il s’en est allé, très tôt ce lundi 07 juin 2010 à l’hôpital militaire de Libreville. Pourtant, il y a quelques jours encore, Oliver faisait la fête sur la télévision nationale gabonaise RTG et personne ne pouvait penser que ce serait le dernier show de sa vie. Oliver Ngoma célébrait en effet ses 20 ans de carrière musicale aux côtés de ses fans. Ceux-ci étaient tout simplement convaincus que c’était le retour de Noli sur le devant de la scène après des années de recul. La cérémonie de ce samedi était également l’occasion de présenter officiellement un film documentaire d’Oliver Ngoma. Le crooner retraçant son parcours et un livre biographique titré Oliver Ngoma, artiste sentimental et moraliste. Des uvres respectivement initiées par le cinéaste gabonais René Paul Sousatte, ancien manager de l’artiste disparu et de Sylvain Nzamba, écrivain gabonais. Les uvres ne seront désormais, en plus de sa discographie, que le témoignage de son passage sur terre.

Parcours d’un illustre crooner
C’était le tombeur de ses dames. Sa musique, du zouk concocté à la sauce africaine ne laisse personne indifférent. Quatre albums à son actif, à chaque fois des succès renouvelés. Oliver a durant sa carrière et nul ne dira le contraire, bercé son public. Un charme discret, une voix unique et des textes charmeurs, tels étaient ses ingrédients de séduction. C’est dès l’âge de huit ans que le jeune Olivier N’Goma s’initie à l’harmonium, l’instrument de prédilection de son père, enseignant dans à Nayumba, une région du Sud – ouest du Gabon. De Nayumba, il passe par Libreville pour arriver en France et y suivre un stage. L’ancien caméraman à la deuxième chaîne de télévision gabonaise fera à la fin des années 90 une rencontre qui sera assez déterminante pour la suite de sa carrière. Un certain Manu Lima, l’un des meilleurs producteurs et réalisateurs de la scène africaine qui a fait le bonheur de célèbres artistes tels Monique Séka ou encore Pépé Kallé. Manu se charge de la direction artistique du premier disque d’Oliver, lequel sort en 1990. A l’intérieur, un certain Bane qui deviendra tube international. La chanson demeurera en tête des hits parades avant de laisser place à Icole du même album. De succès en succès, l’artiste voyage. Adia en 1995, Seva en 2001, puis Saga en mai 2006.

Oliver Ngoma
africasounds.com)/n

A 51 ans, Oliver Ngoma s’attelait depuis peu à la réalisation de nouveaux vidéogrammes pour en faire une compilation actualisée. Mais la mort aura été plus forte. Le crooner qui d’après des proches s’était depuis quelques temps consacré à la religion et jouait du piano dans une église de Libreville aurait succombé à une insuffisance rénale. Son décès survient ainsi deux semaines après celui d’un autre pilier de la musique gabonaise, Pierre Claver Zeng, à ne pas confondre avec Pierre Claver Akendengue. La nation gabonaise est de nouveau en deuil, mais pas seulement. L’Afrique, voire le monde entier aussi. Adieu l’artiste!

La pochette de son dernier album
africastars.org)/n