Le président de la République a rendu publique le 14 avril la loi portant modification de la Constitution, laquelle institue le poste de vice-président de la République.
Le chef de l’État finalise le processus de modification de la Constitution conduisant à la création d’un poste de vice-président de la République. Paul Biya a promulgué mardi dernier la loi N°2026/002 du 14 avril 2026 modifiant et complétant certaines dispositions de la Constitution du 02 juin 1972 modifiée et complétée par la loi N°96/06 du 18 janvier 1996 et la loi N°2008/001 du 14 avril 2008. La ladite loi adoptée par le congrès le 04 avril dernier modifie les articles 5, 6, 7, 10, 53 et 66 de la Constitution. En substance, elle crée un poste de vice-président de la République et charge le président de la République de nommer à celui-ci.
La Constitution modifiée aménage aussi les modalités de dévolution des compétences au vice-président ainsi que celles relatives à la gestion de la vacance à la présidence de la République. Les nouvelles dispositions de la Constitution ajoutent le vice-président dans la liste des personnalités devant déclarer leurs avoirs avant la prise de fonctions. Elles prévoient aussi les cas dans lesquels la Haute Cour de justice peut poursuivre le vice-président.
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Nouvelle personnalité dans la structure administrative et politique de l’État, le vice-président de la République, tel que la loi fondamentale le prévoit aujourd’hui, est la figure de la continuité du mandat présidentiel. Nommé par le chef de l’État, il achève le mandat présidentiel en cas de vacance à la présidence de la République. Ce que certains analystes ont vu comme une manière pour le régime d’ouvrir la voie pour une succession de gré à gré au sommet de l’État. Cette personnalité qui peut succéder au chef de l’État ne bénéficie pas de la souveraineté nationale que confère le peuple.
Tout compte fait, la promulgation de la loi rendant applicables les nouvelles dispositions de la Constitution, le débat semble être renvoyé dans les amphithéâtres des facultés de droit. La loi ayant tout aménagé, il ne manque plus que la nomination du vice-président de la République. Et le poste qui a existé dans le cadre du fédéralisme entre 1961 et 1992 avec la désignation par voie électorale reprend vie. A la différence que la désignation de la personnalité se fera selon la volonté du président de la République.



