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Eloundou Nga Audrey Frank : « Je pousse une brouette, mais je poursuis mes rêves »

Tenancier d'une gastronomie ambulante, ce jeune entrepreneur attire l'attention à travers un style vestimentaire de la bureaucratie. Passionné des arts,…

Tenancier d’une gastronomie ambulante, ce jeune entrepreneur attire l’attention à travers un style vestimentaire de la bureaucratie. Passionné des arts, il est par ailleurs promoteur d’une marque de vêtements .

 

Pouvez- vous, vous présentez ?

Je m’appelle Eloundou Nga Audrey Frank. En ce moment, je fais du commerce ambulant : je vends des beignets à 50 ou 100 FCFA et des yaourts à partir de 350 FCFA la bouteille.

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Comment se déroule votre quotidien ?

Ce travail demande beaucoup de discipline. Je me réveille souvent à 4 heures du matin. Il faut nettoyer la brouette, laver les bouteilles, disposer les beignets, puis prier avant de sortir. Mon rôle est simple : vendre tout en veillant à la propreté, car ce que les gens mangent doit toujours être présenté dans de bonnes conditions.

Pourquoi êtes-vous toujours aussi bien habillé ?

Je suis chrétien et je crois que tout ce qu’on fait mérite d’être bien fait. Je veux montrer qu’on peut vendre dans la rue tout en restant élégant et propre. Je souhaite casser les préjugés sur les vendeurs ambulants.

Votre style influence-t-il vos ventes ?

Les gens me félicitent presque tous les jours. Ils m’encouragent, me bénissent, mais les compliments ne remplacent pas les achats. Je suis là pour vendre. Beaucoup négocient les prix au lieu d’aider les petits commerçants à avancer.

Comment êtes-vous rémunéré ?

Je reverse d’abord le capital au propriétaire. Ce qui reste constitue mon bénéfice. Mon objectif est d’écouler toute la marchandise chaque jour.

Quelles sont les principales difficultés ?

Les longues montées, la circulation, certains chauffeurs imprudents et des clients parfois impatients, notamment lorsqu’il faut rendre la monnaie. Malgré tout, je garde le sourire.

Quel est votre parcours ?

Après mon baccalauréat obtenu au lycée d’Anguissa, j’ai suivi une formation en topographie, mais ce n’était pas ma vocation. Ma véritable passion, c’est l’humour et la comédie.
Aujourd’hui, je suis humoriste sous le nom de scène « Rumeur mondiale ». Je suis également le promoteur d’une marque de vêtements qui porte ce même nom. Les revenus de la vente de beignets et de yaourts me permettent de financer progressivement mes projets artistiques.

Quel message adressez-vous aux jeunes ?

N’ayez pas honte de travailler. Quel que soit le métier, faites-le avec dignité, discipline et propreté. Il vaut mieux gagner honnêtement sa vie que rester inactif. Si un jour j’en ai les moyens, je créerai un casting pour permettre à de jeunes humoristes de révéler leur talent.

Un dernier mot ?

Cela fait moins de six mois que je fais ce métier, mais j’y mets tout mon cœur. Je remercie Dieu pour cette opportunité. Je pousse une brouette aujourd’hui, mais je continue d’avancer vers mes rêves. Je crois qu’avec le travail, la foi et la persévérance, tout est possible.

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