La femme d’affaires et sénateur de la région de l’Ouest s’est proposée de soutenir les candidats au concours d’admission au stage d’avocat pour trouver un parrain. L’Ordre national des avocats au Barreau du Cameroun s’insurge contre cette démarche qu’il qualifie de « dérive ».
De potentiels candidats au concours d’admission en stage d’avocat au barreau du Cameroun étaient appelés à bénéficier d’un soutien auprès du sénateur Françoise Puene. La femme d’affaires et parlementaire a envoyé un message le 22 février 2026 à ces jeunes qui, voulant faire acte de candidature en vue dudit concours, rencontrent des difficultés. Dans son appel, elle dit avoir constaté que « nombre de candidats peinent à cocher la case ‘’parrainage’’, à trouver un parrain dans les conditions fixées par les textes.
En effet, selon l’arrêté du ministère de la Justice en date du 12 février 2026 ouvrant le concours, les candidats doivent déposer un dossier constitué de plusieurs pièces dont « une lettre de parrainage d’un avocat exerçant depuis au moins cinq ans ». Dans un communiqué en date du 13 février, l’ordre national des avocats du Cameroun a fixé d’autres précisions relatives à l’exigence de parrainage.
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D’après l’instance, chaque candidat doit présenter une lettre de parrainage dûment signée sur le papier à en-tête officiel du cabinet d’avocat parrain. Ladite lettre doit comporter le cachet officiel du cabinet d’avocats, le cachet nominatif du parrain comportant son matricule, la date d’admission au Barreau du parrain, entre autres. Face à ces exigences qui constituent des difficultés chez certains candidats, « je me suis engagée à mettre à contribution des cabinets d’avocats pour faciliter cette exigence cruciale. Tu peux d’ores et déjà m’adresser ta lettre de demande de parrainage à déposer dans les plus brefs délais à l’hôtel Franco de Yaoundé », a-t-elle indiqué.
A peine le message a été relayé sur les réseaux sociaux, l’Ordre national des avocats au Barreau du Cameroun a fait une sortie pour recadrer Françoise Puene. L’Ordre « s’insurge avec la dernière énergie » contre cette « dérive ». Il « condamne cette intrusion tapageuse dans un corps de métier réglementé par la loi et les règles séculaires ». Selon le Bâtonnier, le parrainage n’est pas « un acte sporadique ou commercial et encore moins un artifice aux mains des politiciens ».
Dans sa communication, le Bâtonnier de l’Ordre rappelle aux candidats que les dossiers contenant des attestations d’existence de cabinets non répertoriés dans le registre de l’Ordre à date et accompagné de procès-verbaux d’inspection de cabinet ensemble de plan de localisation du cabinet seront systématiquement rejetées. Me Mbah Eric Mbah Bâtonnier met en garde tout avocat qui se prêterait à cette « dérive » en l’avertissant qu’il s’expose à des sanctions disciplinaires.
Ainsi, tout potentiel candidat devrait réfléchir par deux fois avant de répondre à l’appel lancé par le sénateur. La sortie Françoise Puene et la réaction du Barreau couvent sans doute des questions de corruption autour de ce concours, en particulier pour ce qui est de l’obtention de la lettre de parrainage.




