C’est à Bépanda le jeudi 09 avril 2026, dans la métropole économique du Cameroun, qu’a été officiellement lancé le Réseau National des Organisations de la Société Civile du Cameroun, le RENOSCAM. Une naissance attendue, portée par une conviction simple mais puissante : les voix isolées ne portent pas.
Ensemble, elles peuvent changer les choses. Doris NGUM, coordonnatrice nationale, Ivan Trésor MBOCK, Secrétaire Exécutif, et Marius KAPTOUOM, coordonnateur national adjoint, ont conduit ce lancement avec un discours d’unité clair. Leur ambition : bâtir une plateforme nationale capable de fédérer les organisations de la société civile (OSC) autour d’une vision partagée — gouvernance participative, justice sociale et développement durable.
Avant tout, il s’agit de combler un vide structurel
La naissance du RENOSCAM répond à un constat que ses fondateurs n’hésitent pas à formuler sans détour. « Les sociétés civiles sont souvent dans une pratique édicale et ne font pas vraiment ce qu’elles sont censées faire au sein des communautés, faute d’indépendance financière », pointe Doris NGUM. Une réalité bien connue sur le terrain : des organisations engagées, animées par des bénévoles dévoués, mais fragmentées, isolées, et trop souvent contraintes par le manque de ressources.
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Le RENOSCAM ne vient pas remplacer ces structures. Il entend les outiller, les connecter et leur permettre de peser collectivement. « Une seule voix ne peut pas être entendue, mais des voix collectives peuvent l’être », résume la coordonnatrice nationale. C’est précisément ce créneau que le réseau compte occuper.
Un pays jeune qui appelle une réponse jeune
L’un des arguments centraux du RENOSCAM, c’est la démographie. Le Cameroun est un pays où la jeunesse représente l’essentiel de la population active, et la société civile n’échappe pas à cette réalité : 70 % de ses membres ont moins de 35 ans. Pour Ivan Trésor MBOCK, cette donnée impose une nouvelle orientation. « Avoir un pays avec 70 % de jeunesse impose une nouvelle direction. Le RENOSCAM veut travailler avec les partenaires de développement et l’État central, parce que c’est ensemble que nous allons établir un Cameroun fier et prospère où les jeunes n’auront plus besoin d’aller chercher leur avenir ailleurs. » Des OSC déployées dans les dix régions du pays, portées par ces jeunes qui s’activent chaque jour sur le terrain — c’est cette énergie dispersée que le réseau entend canaliser et amplifier.
Sur le plan opérationnel, le RENOSCAM mise sur les structures existantes plutôt que de repartir de zéro. Marius KAPTOUOM, coordonnateur national adjoint, détaille l’approche : « Nous allons nous appuyer sur les organisations déjà présentes dans les différentes régions pour mobiliser et présenter la vivacité de ce que nous apportons en termes de stratégies, d’actions et d’activités. » L’idée est de mutualiser ce qui peut l’être, de clarifier les initiatives portées à l’échelle locale, et de les inscrire dans une dynamique nationale cohérente. Le réseau entend également dialoguer avec les institutions publiques et les partenaires techniques et financiers — non pas dans une logique de confrontation, mais dans celle d’une collaboration assumée au service des communautés.
Le RENOSCAM se positionne avant tout comme un espace. Un espace de dialogue, de concertation et d’action collective pour une société civile qui, jusqu’ici, avançait en ordre dispersé. « La transformation sociale ne peut jamais se produire parce qu’une seule personne a fait quelque chose. Lorsque nous nous réunissons, nous pouvons accomplir beaucoup plus », conclut Doris NGUM.
Le défi est à la hauteur des ambitions affichées. Mais à Bépanda ce 09 avril 2026, quelque chose s’est mis en marche.




