Société



EN CE MOMENT


Cameroun-Marché de l’emploi : la détresse des plus de 40 ans

À l'occasion de la célébration de la 60e édition de la fête de la jeunesse, plusieurs jeunes leaders issus des…

À l’occasion de la célébration de la 60e édition de la fête de la jeunesse, plusieurs jeunes leaders issus des différentes couches ont fait entendre leur voix. C’est le cas du Dr. Nwehla Bahel Yves qui a fait une réflexion intitulée :  » les oubliés du marché de l’emploi : La détresse des jeunes de plus de 40 ans ».

Pour lui, « On parle sans cesse du chômage des jeunes. Mais qui parle de ceux qui ont dépassé 40 ans et que l’on regarde désormais comme des travailleurs “trop âgés” ? » La question dérange, mais elle mérite d’être posée.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Au Cameroun, le débat public concentre l’essentiel de son attention sur la jeunesse, laissant dans l’ombre une autre frange vulnérable de la population active : les plus de 40 ans exclus, progressivement et silencieusement, du marché de l’emploi.

Des portes fermées dans la fonction publique.

« L’expérience devrait être une richesse nationale. Elle est devenue un handicap administratif », constate l’auteur.

Le marché du travail formel reste étroit. Selon les données de l’Institut national de la statistique, le nombre d’emplois permanents dans les entreprises n’a progressé que de 2,5 % en 2024, un rythme plus lent qu’en 2023. Cette croissance modeste reflète la difficulté persistante d’accéder à des postes stables dans l’économie formelle.

Dans la fonction publique, les concours imposent toujours des limites d’âge strictes. « À 42 ou 45 ans, même avec vingt ans d’expérience, vous êtes administrativement hors-jeu », déplore-t-il. Aucune politique spécifique de reconversion n’est réellement proposée à ces profils expérimentés, contrairement aux dispositifs destinés aux jeunes.

En novembre 2025, le gouvernement a annoncé une enveloppe de 17,7 milliards de francs CFA pour le programme Un Jeune, Un Métier, Un Emploi, destiné à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes.

« Investir dans la jeunesse est légitime. Mais investir uniquement dans la jeunesse crée une fracture », souligne Dr NWEHLA BAHEL YVES.

D’autres initiatives, comme le Business Plan Competition ou le Programme d’inclusion économique des jeunes, ciblent principalement les 18–35 ans. « Ce ciblage exclusif accentue un déséquilibre flagrant », insiste-t-il. Les plus de 40 ans se retrouvent ainsi exclus des mécanismes d’accompagnement institutionnels.

Secteur privé

 

Le secteur privé n’échappe pas à cette logique. « L’expression “jeune professionnel” est devenue un filtre invisible », analyse l’auteur. Plusieurs annonces publiées en 2025-2026 visaient explicitement des profils jeunes ou des programmes réservés aux jeunes diplômés.

Cette tendance engendre une discrimination liée à l’âge. « On ne le dit pas ouvertement, mais à compétences égales, la préférence va au plus jeune », affirme-t-il. Les travailleurs expérimentés se retrouvent marginalisés malgré leur savoir-faire.

Face à ces barrières, beaucoup se tournent vers l’économie informelle, aujourd’hui dominante. « Le secteur informel est devenu le dernier rempart de la survie », observe Dr NWEHLA BAHEL YVES.

Or, ce secteur se caractérise par l’absence de contrats formels, de protection sociale et de stabilité des revenus. L’absence d’assurance chômage nationale aggrave la précarité : « Perdre son emploi au Cameroun, c’est tomber sans filet. »

Vulnérabilité des femmes

Les femmes de plus de 40 ans, notamment celles à la tête de familles monoparentales, sont parmi les plus touchées. « Elles cumulent la discrimination liée à l’âge et celle liée au genre », dénonce l’auteur.

Faute d’opportunités formelles, beaucoup se replient sur le petit commerce informel, la vente à l’étalage ou d’autres activités de subsistance. Les statistiques montrent d’ailleurs un écart persistant dans la participation des femmes au marché du travail formel.

Un angle mort du débat public

Alors que le taux de chômage des jeunes avoisine 35 % en 2025, mobilisant l’attention médiatique et politique, la situation des plus de 40 ans reste peu documentée et rarement débattue. « Nous avons créé une hiérarchie des urgences sociales », estime Dr NWEHLA BAHEL YVES. « Mais une injustice ne se corrige pas en en créant une autre. »

Pour l’auteur, ignorer cette réalité revient à affaiblir le potentiel productif du pays. « Une nation qui marginalise son expérience affaiblit sa compétitivité. »

En conclusion, il lance un appel : « Il est temps d’élargir le regard. La politique de l’emploi ne doit pas opposer les générations, mais les rassembler. Car le développement ne peut être inclusif s’il laisse sur le bord de la route ceux qui ont encore tant à offrir. »

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP

À LIRE AUSSI

À LIRE AUSSI

16 février 2026

À l'occasion de la célébration de la 60e édition de la fête de…

16 février 2026

C’est l’une des résolutions prises au sortir du sommet le dimanche 15 février…

16 février 2026

Le ministre des Finances Louis Paul Motaze donne injonction au directeur général du…