Le budget 2026 déjà validé au parlement montre un budget de l’Etat structurellement déséquilibré et bâtie sur une dette galopante.
Après le grand oral devant la commission des Finances et du Budget, de jeudi à vendredi le 28 novembre 2025, le Projet de Loi de Finances (PLF) de la République du Cameroun pour l’exercice 2026 a été validé par le Parlement. Une enveloppe budgétaire de 8816,4 milliards Fcfa avec comme axes prioritaires: la création d’emplois et de plus d’opportunités pour les femmes et les jeunes, la reconstruction des régions en crise entre autres a été adopté. Notons que ce document, s’inscrit dans la continuité de la Circulaire présidentielle du 18 juillet 2025. A l’analyse des chiffres contenus dans ce PLF, l’on note un certain déséquilibre financier.
En effet, le budget 2026 du Cameroun présente un solde global déficitaire de 631,0 milliards de FCFA, contre 309,9 milliards de FCFA en 2025. En l’espace d’un an, le déficit budgétaire a donc plus que doublé, se traduisant par un accroissement du besoin de financement de 327,1 milliards de FCFA.
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En tenant compte de l’amortissement de la dette intérieure et extérieure (évaluée à 1 870,6 milliards) et du paiement des arriérés intérieurs (498,8 milliards), le besoin de financement global de l’État pour 2026 se chiffre à 3 104,2 milliards de FCFA. Il s’agit d’une hausse alarmante de 777,5 milliards de FCFA par rapport à l’année précédente (2 326,5 milliards de FCFA).
Pour combler ce gap, le Gouvernement a planifié un recours massif aux sources de financement externe et interne : l’émission de titres publics (400,0 milliards), les financements bancaires (589,7 milliards), et surtout, les emprunts extérieurs (1 000 milliards). Cette dépendance accrue, où près d’un tiers du besoin de financement sera couvert par de nouvelles dettes, pose inévitablement la question de la soutenabilité à moyen terme de cette croissance budgétaire, notamment au regard du poids croissant du service de la dette dans les charges de l’État. Le PLF 2026 est ainsi un pari ambitieux, mais dont le coût réel se mesurera à l’aune de la dette future du Cameroun.
« En 2026, l’orientation de la politique budgétaire globale du Gouvernement demeure la consolidation de la situation des finances publiques en cohérence avec le pacte de Convergence de la CEMAC tout en garantissant la mise en œuvre efficace des objectifs prioritaires de la SND30 », peut-on lire dans l’exposé des motifs du PLF2026.
Le Gouvernement propose un budget qui s’équilibre à la somme record de 8 816,4 milliards de FCFA en ressources et en emplois. Ce chiffre traduit une augmentation spectaculaire de 1 080,5 milliards de FCFA en valeur absolue, soit une croissance de 14,0% par rapport à l’exercice 2025 (7 335,9 milliards de FCFA).
Ce bond en avant n’est pas uniquement le fruit d’hypothèses macroéconomiques optimistes, mais repose sur des mesures visant à assainir l’environnement financier et à maximiser la mobilisation des ressources internes. Le projet de loi, actuellement en examen à l’Assemblée Nationale, contient un arsenal de réformes, concentrées majoritairement sur le contrôle douanier et l’élargissement de l’assiette fiscale.
L’orientation affichée est double : Consolider de la situation des finances publiques en cohérence avec le Pacte de Convergence de la CEMAC. Et, mettre en œuvre des objectifs prioritaires de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). Cependant, en dépit d’une conjoncture nationale plus favorable, avec une croissance économique attendue à 4,3% en 2026 (contre 3,9% en 2025) et une inflation en recul à 3%, l’ambition de ce budget révèle une dépendance croissante aux ressources d’emprunt et un déséquilibre financier qui interpelle.



