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Légaliste ou illusionniste ? La sortie de Ndong Soumhet enflamme le débat constitutionnel

En défendant la réforme constitutionnelle créant un poste de vice-président, le ministre Benoît Ndong Soumhet invoque la légalité et les…

En défendant la réforme constitutionnelle créant un poste de vice-président, le ministre Benoît Ndong Soumhet invoque la légalité et les standards démocratiques. Mais l’opposition démonte une argumentation jugée « hors-sol », pointant incohérences et lois inappliquées.

La controverse enfle autour du projet de révision constitutionnelle. Sur les ondes de RFI, le ministre Benoît Ndong Soumhet a livré une défense sans nuance du chef de l’État Paul Biya : « Le Président Biya est un légaliste de pur sang. Tout ce qu’il a posé comme acte politique est conforme à la loi. » S’appuyant sur une lecture théorique, il convoque même Max Weber pour justifier une « légitimité légale rationnelle » incarnée, selon lui, par la réforme.

Un argumentaire qui peine à convaincre ses détracteurs. Dans une riposte cinglante, Roger Justin Noah, secrétaire général du MRC accuse le ministre de travestir la réalité juridique : « Grand frère, évitez de tirer si bas notre département pour protéger votre beefsteak. » Derrière la formule, une série de griefs précis. L’opposant rappelle que la loi de 2019 sur la décentralisation prévoit le reversement de 15 % des recettes de l’État aux collectivités, « un seuil jamais atteint », affirme-t-il, évoquant des chiffres plafonnant à 7 %.

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Autre angle d’attaque : l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens. « La loi existe depuis 2006, mais le décret d’application n’a jamais été signé », déplore-t-il, y voyant la preuve d’un légalisme à géométrie variable. Même scepticisme sur la réforme elle-même, dont il interroge la conformité à l’article 64 de la Constitution et aux engagements internationaux du pays.

Au-delà des textes, l’opposition pointe des pratiques jugées contraires à l’esprit des lois : longévité de certains dirigeants d’entreprises publiques en dépit des limitations prévues, ou encore gestion opaque de ressources stratégiques. « Voilà ce qu’on appelle respecter la loi ? », ironise Roger Justin Noah.
Dans ce bras de fer, deux visions s’opposent frontalement : celle d’un pouvoir revendiquant la continuité et la légalité formelle, et celle d’une opposition dénonçant un décalage entre normes proclamées et réalités observées. Au cœur du débat, une question persistante : la légalité suffit-elle à fonder la légitimité politique ?

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