La démonstration de force ne suffit plus à masquer les doutes : baisse de performance électorale, crise de confiance et attentes populaires insatisfaites s’imposent désormais dans le débat.
« Après la fête, la réflexion. » La formule de Ange Michel Angouing résonne comme un avertissement à peine voilé. Le RDPC a célébré son 41e anniversaire avec le faste habituel, dans la région de l’Est comme sur toute l’étendue du territoire. Démonstration de force, scénographie maîtrisée, discours élégants et convaincants : rien ne manque à ce rituel désormais bien huilé.
Mais une fois les lampions éteints, que reste-t-il réellement ? « Je ne voudrais pas être un rabat-joie », prévient l’ancien ministre, avant d’appeler à « prudence, circonspection et vigilance ». Derrière l’apparat, le doute s’installe. Les performances du parti, au fil des consultations électorales, « vont s’amenuisant ». Le constat est posé, sans détour.
Alors, pourquoi cet essoufflement ? « Y aurait-il crise de confiance entre les militants de base et le Président national ? » interroge-t-il. Ou bien la rupture se situe-t-elle entre les populations et leurs représentants ? Ces questions, longtemps étouffées par le confort des certitudes, s’imposent désormais avec acuité.
Plus incisif encore, Ange Michel Angouing met en garde contre « le griotisme qui n’est pas toujours le reflet de l’âme ». Une critique directe d’un système où la flatterie prend souvent le pas sur la vérité, au détriment des attentes réelles des citoyens.
Car au fond, l’essentiel est ailleurs : « Nos populations… reçoivent-elles la juste récompense de leur fidélité ? » La question dérange, mais elle traduit un malaise profond. À force de privilégier les intérêts individuels, certains acteurs politiques ont fini par perdre de vue l’essence même de leur engagement. « Faire la politique et se contenter des avantages qu’on en tire à titre personnel… est une trahison », tranche-t-il.
Dans une région de l’Est régulièrement présentée comme « à part entière », les promesses peinent encore à se traduire en actes concrets. D’où cet appel implicite à une prise de conscience collective : refuser d’être « auteurs, co-auteurs ou complices du délitement » de leur propre territoire.
« Rien ne sera plus comme avant », prévient-il enfin. Une manière de rappeler que les Camerounais, de plus en plus lucides, ne se contentent plus de discours. Ils attendent des résultats.
Après la fête, donc, vient inévitablement le temps des comptes.
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