Dans une lettre adressée au ministre des Finances, les salariés dénoncent une gestion jugée opaque, un climat social délétère et des risques majeurs pour l’avenir de la Société de Recouvrement des Créances.
À travers un courrier alarmant datant du 23 mars 2026, un collectif d’employés de la Société de Recouvrement des Créances (SRC) tire la sonnette d’alarme. « Nous ne pouvons plus rester passifs face à ce qui s’apparente à une destruction programmée de notre institution », écrivent-ils, préférant garder l’anonymat par crainte de représailles. Leur interpellation vise directement le ministre des Finances, tutelle de l’entreprise et président de son assemblée générale.
Au cœur de leurs préoccupations, la dégradation du climat social. Les signataires évoquent une gestion des ressources humaines marquée par « l’instabilité et la précarité », où le paiement des salaires serait perçu comme une faveur, souvent validée à la limite des délais réglementaires. Ils décrivent également « un climat de terreur », fait d’humiliations, de pressions psychologiques et de licenciements jugés abusifs. À cela s’ajoute, selon eux, une iniquité persistante dans les promotions et le non-paiement de certaines primes.
Sur le plan financier, les accusations sont tout aussi lourdes. Le collectif pointe des dépenses immobilières « injustifiées », évoquant plus de 500 millions de FCFA déboursés chaque année pour un siège partiellement inoccupé, malgré l’existence d’un patrimoine propre. Il dénonce également une gestion incohérente du parc automobile, entre acquisitions jugées inopportunes et véhicules inutilisés, alors même que le matériel de base ferait défaut dans certains services.
Les signataires soupçonnent par ailleurs des irrégularités dans l’attribution des marchés publics et s’inquiètent d’une « braderie » du patrimoine immobilier sous gestion, facilitée, selon eux, par des mécanismes de réévaluation contestables.
La gouvernance de l’entreprise est également mise en cause. Sur sept directions, seules deux seraient effectivement pourvues, les autres fonctionnant par intérim, concentrant les pouvoirs au sommet. « L’absence de contrôle interne favorise la dissimulation et la violation des procédures », alertent-ils, évoquant aussi des risques juridiques liés à des ruptures contractuelles et au non-respect de décisions de justice.
Enfin, la posture de la direction générale suscite incompréhension et colère. Le collectif affirme que celle-ci agirait « avec un sentiment d’impunité », tout en affichant des projets à l’étranger. L’organisation d’événements coûteux, notamment sur la lutte contre la corruption, est perçue comme « une imposture » au regard des pratiques dénoncées en interne.
« L’heure n’est plus aux constats », concluent les employés, qui appellent à « une enquête approfondie et un audit rigoureux ». Pour eux, sans intervention rapide des autorités, la SRC court à l’effondrement. « Nous avons rempli notre devoir d’alerte. Il appartient désormais aux décideurs d’agir avant qu’il ne soit trop tard. »
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