Le député de la nation, président du parti camerounais pour la réconciliation nationale a pris part jeudi dernier à la cérémonie de présentation des vœux au chef de l’État. Sa présence à cette cérémonie suscite des réactions.
Le président de la République du Cameroun, Paul Biya, a serré la main du député Cabral Libii le 08 janvier 2026 au palais de l’Unité à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de nouvel an. Écharpe tricolore au cou, d’un pas rassuré, l’homme politique a souhaité bonne année à M. le président de la République avec sourire aux lèvres, tel que vu à travers Prc TV. Normal pour un député de la nation et par ailleurs membre du bureau de l’Assemblée nationale et qui était dans la délégation des membres de la chambre basse du Parlement.
Mais, son passage devant le président Paul Biya suscite plutôt des réactions, en particulier de la part des acteurs politiques de l’opposition. Des figures bien connues de l’opposition radicale qui militent pour un changement en dénonçant encore certaines dérives démocratiques, qualifient une fois de plus le président du Pcrn de « traître ». Ils vont jusqu’à déclarer qu’il aurait, dans l’attente d’une certaine récompense, retourné la veste pour se rapprocher du régime. Et qu’il serait parmi les opposants que le chef de l’État se serait choisi.
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Allant plus loin, ils rappellent que ces dernières années, Cabral Libii a décliné plusieurs invitations du Cabinet civil de la présidence de la République pour prendre part à certaines festivités au palais de l’Unité. En janvier 2023 par exemple, le député a refusé de prendre part à la cérémonie de présentation des vœux au palais présidentiel. Il trouvait alors « indécent » de se « retrouver confondu en ce haut lieu de la République avec les prévaricateurs de la fortune publique qu’il (le président de la République, ndlr) promet pourtant depuis plusieurs années de sanctionner », déclarait-il via Facebook.
Que s’est-il passé entre 2023 et 2026 ? Certains se posent la question. Mais, la réponse pourrait se trouver dans le choix que l’homme politique a fait au terme du scrutin présidentiel du 12 octobre 2026. Il a pris acte des résultats du scrutin proclamé par le Conseil constitutionnel refusant de participer aux revendications post-électorales. Les militants, député de son parti et sa porte-parole lors de la dernière campagne présidentielle se sont exprimés pour le défendre. Pour la députée Rolande Ngo Issi, « Cabral Libii est un homme d’État accompli. Une chance pour notre pays, il reste le meilleur homme politique de sa génération. Il incarne l’espoir et la grandeur. Aujourd’hui encore il démontre que sa vision pour un Cameroun fort et puissant est restée intacte ».
Pour Anne Feconde Noah, Cabral Libii a pris hier devant le chef de l’État, « la posture d’homme d’État prêt à assurer la relève ». Le président du parti, lui, se projette déjà pour les élections législatives et municipales de cette année 2026.




