C’est décidé et acté. Le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) appartient désormais à l’histoire. La compétition réunissant les sélections des joueurs évoluant uniquement dans les championnats de leurs pays n’aura donc plus lieu. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, l’avait annoncé avant le début de la CAN 2025 et l’a confirmé la veille de la finale. Il évoque les charges financières très importantes pour organiser le CHAN qui, contrairement à la CAN, ne rapporte pas les incomes espérés. En dépit de cet argumentaire, la décision de supprimer le CHAN est globalement critiquée par les Africains, qui y voient une intention maladroite d’imiter le modèle européen, surtout avec la création annoncée de la Ligue des Nations Africaine.
Mais le plus intriguant dans cette décision polémique prise par le comité exécutif de la CAF, c’est l’avenir des joueurs locaux qui n’ont souvent pas la chance d’être appelés en sélection senior, et pour qui le CHAN était une véritable vitrine pour se montrer au monde. C’est justement pour cet objectif que le tournoi a été lancé en 2009, en Côte d’Ivoire. Offrir de la visibilité aux talents du continent africain restés dans leurs pays à travers une compétition authentiquement africaine. Plusieurs scouts des clubs accouraient à chaque édition pour scruter des pépites qui brillent, elles rejoignaient des équipes européennes plus tard. C’est grâce au CHAN que Meschack Elia de la RDC, Yacoub El Kaabi du Maroc, Sékou Keita du Mali pour ne citer qu’eux, ont été connus. Ils sont aujourd’hui des joueurs cadres de leurs équipes nationales séniors.
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Le Maroc et la RDC dominent le palmarès
La page du CHAN se tourne en douceur laissant amertume et nostalgie auprès des amateurs du foot africain comme rappelé sur parifoot rdc. Le palmarès de la compétition, lui, reflète mieux les couleurs du foot africain et de ses grandes nations. C’est sans surprise que la RDC a remporté la première édition en Côte d’Ivoire en 2029. Le grand Congo avait à l’époque, un noyau impressionnant des joueurs évoluant dans son championnat, les mêmes qui faisaient aussi partie de l’équipe senior, pour la plupart. Ce n’est pas également une surprise que le Maroc soit la nation la plus titrée avec 3 trophées dans son armoire, tandis que le premier a été remporté en 2018. Ce n’est pas non plus une surprise que la Tunisie et le Sénégal figurent parmi les vainqueurs de cette compétition. La Libye, championne en 2014, est peut-être la seule nation moins prisée du continent à avoir glissé son nom sur le palmarès du tournoi qui se conjugue désormais au passé.
Palmarès complet :
2009: RDC
2011: Tunisie
2013: Afrique du Sud
2014: Libye
2016: RDC
2018: Maroc
2020: Maroc
2022: Sénégal
2024: Maroc
Quel avenir pour les locaux africains ?
C’est véritablement un rêve qui se brise pour plusieurs générations de footballeurs africains. Les championnats africains sont souvent marginalisés et les joueurs qui y sont ont toujours moins de chance d’être appelés en sélection A que leurs homologues évoluant en Europe. Cette mesure sonne comme un coup de massue au football africain, réduisant dangereusement la visibilité des talents bruts qui pullulent dans plusieurs pays et qui n’ont peut-être la chance d’être repérés par des clubs européens ou d’être pris dans leurs sélections nationales.



