Des enseignants d’universités aux producteurs de contenus en passant par des étudiants et autres observateurs, des réactions se succèdent pour soutenir Josiane Harangada Golonga.
Suite à la destitution de Miss Cameroun 2025, le public camerounais exprime sa déception à l’encontre du Comité d’organisation Miss Cameroun (Comica). Nombreux sont ceux et celles qui s’interrogent sur les vraies raisons de la destitution de Josiane Harangada Golonga. Elle qui est connue par le Pr Félicité Owona Mfegue comme « une jeune femme qui a déjà posé un acte politique fort, sans tambour : garder sa peau d’ébène NOIRE comme une nuit de carême, dans un pays où trop de filles croient encore qu’il faut s’éclaircir pour exister ». Pour l’enseignante en droit, « on ne destitue pas une pupille nationale ». Surtout qu’elle interroge la légitimité de l’autorité qui retire la couronne alors que c’est le peuple qui a procédé à l’élection.
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Steve Fah, producteur de contenus s’associe à l’universitaire pour relever les qualités rares que conserve Josiane Harangada Golonga : « Elle est noire. Elle est digne. Elle est le fruit du travail. Elle est la preuve qu’on peut rêver sans se vendre ». D’après l’influenceur, c’est peut-être cela qui dérange dans un contexte où être miss est devenu, dans l’esprit de beaucoup, synonyme de « voyages luxueux, de fréquentations douteuses, de silence complice et d’apparences blanchies à coup de produits éclaircissants ». Pour lui, « il est temps que la beauté camerounaise cesse d’être associée aux hôtels de luxe et aux peaux éclaircies. Il est temps qu’elle soit associée à la dignité, à l’éducation, à l’excellence, et à la fierté de notre mélanine ».
Alors que le Pr Félicité Owona demande à Josiane Harangada de s’inscrire en faculté de droit pour devenir avocate des Miss sans voix, Steve Fah interpelle la première dame de veiller à la protection de l’image de la femme camerounaise car, pour lui, « on ne doit pas salir une génération ».
Au fond de l’affaire, le Comica a invoqué quatre motifs pour lesquels il a destitué Josiane Harangada Golonga : absences injustifiées à plusieurs événements officiels ; propos et attitudes jugés irrespectueux envers l’institution ; cessation unilatérale des activités liées à son mandat et recours à un manager personnel en violation des clauses contractuelles. Mais, la défense de l’avocat de la miss présente des raisons qui ont poussé la jeune dame à se retirer pour se protéger contre des abus, des traitements sur fond de marginalisation, stigmatisation, injures, en raison du fait qu’elle est originaire de Septentrion. Sans oublier les intimidations et la confiscation de certains biens dont elle devait jouir. Des faits dénoncés qui dévoilent une certaine ‘tribalisation’ de la part du Comica, ce qui contribue à accentuer les discours de haine sur la Toile.
Dans l’histoire du Comica, Josiane n’est pas la première à être destituée. Agathe Pascaline Nomgne l’a été en 2002, Anne Lucrèce Ntep en 2009 et Julie Cheugueu Nguimfack en 2016. Audrey Aboula, dauphine Miss Cameroun 2016 avait démissionné avant de servir au public le livre « Une dauphine dans un monde de requins ». Ce qui laisse confirmer qu’en dehors des honneurs et de l’image de miss affichés en public, il y a toute une histoire derrière.
Béatrice Doudou, Miss Afrique 2017 en Tunisie, dauphine Miss Cameroun 2018, auteure du livre « La face cachée des Miss » s’inspire de cette destitution pour conseiller les jeunes filles. « Mes petites sœurs, soyez ambitieuses, mais soyez surtout lucides. Un concours de beauté n’est pas qu’une couronne. C’est un engagement, un cadre, des règles et des contraintes et surtout des réalités souvent cachées. Informez-vous. Lisez. Comprenez dans quoi vous vous engagez. Posez des questions, respectez vos engagements mais ne trahissez jamais vos valeurs ou votre dignité », a écrit l’ancienne reine de beauté.




