OpinionsTribune



Le 22 avril 1995, fut assassiné le brillant érudit et prêtre jésuite camerounais Engelbert Mveng. Il est né le 9 mai 1930 à Enam-Ngal, dans la commune de Ngoulémakong, département de la Mvila, région du Sud. En 1951, il intègre le noviciat jésuite de Djuma dans le diocèse de Kikwit en République démocratique du Congo. Le 22 septembre 1953, il fait sa première profession.
Il se rend par la suite en Belgique (de 1954 et 1958) où il va poursuivre ses études philosophiques entamées à Djuma, Cursus qu’il va parachever à Paris.

Après un stage au collège Libermann à Douala (Cameroun) de 1958 à 1960, il retourne en France pour des études de théologie au philosophat de Chantilly et au théologat de Fourvière à Lyon. Au terme de ces études, il est ordonné prêtre le 7 septembre 1963 et devient par la même occasion le premier prêtre jésuite camerounais. En 1964, il soutient une thèse de 3e cycle en théologie intitulée “Paganisme et christianisme : christianisation de la civilisation païenne de l’Afrique romaine d’après la correspondance de saint Augustin”. En 1972, il soutient une thèse d’État en Histoire intitulée : “ Les sources grecques de l’histoire négro-africaine depuis Homère jusqu’à Strabon”. Il enseigne par la suite l’histoire à l’université de Yaoundé. Il se consacre également au service de l’église. Il est le cofondateur d’une congrégation religieuse d’inspiration africaine : Les Béatitudes.

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Intellectuel critique, paria conscient, Engelbert Mveng aura contribué à dénoncer le système colonial puis néo-colonial. Auteur prolifique et prolixe, Engelbert Mveng aura écrit de nombreux ouvrages dans plusieurs domaines qui constituent le meilleur héritage qu’il aura laissé à la jeunesse africaine. Figure inspirante, Engelbert Mveng aura exercé (et exerce) une grande influence sur les jeunes africains, surtout ceux soucieux de la véritable décolonisation de l’Afrique. Homme de conviction, Engelbert Mveng aura accepté perdre sa vie pour son pays qu’il a tant aimé.

La génération consciente à laquelle nous appartenons saluons une fois de plus le grand homme qu’il était, sa mémoire et, prions pour la continuité du repos de son âme. Que la terre de nos ancêtres continue de t’être légère. Merci pour l’engagement. Merci de nous avoir inspiré.

Séverin Hyacinthe Batsok, enseignant chercheur

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