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Cameroun : six mois après la saisine de l’UA, Maurice Kamto publie le mémorandum sur le changement anticonstitutionnel de gouvernement

L’universitaire et ancien président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun a accusé le gouvernement camerounais d’avoir opéré un changement…

L’universitaire et ancien président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun a accusé le gouvernement camerounais d’avoir opéré un changement constitutionnel en violation des dispositions de la Constitution et des textes internationaux. Mais les sanctions demandées à l’UA restent attendues.

Le 20 avril 2026, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun a saisi le président de la Commission de l’Union africaine S.E Mahmoud Ali Youssouf. Le parti politique camerounais, par l’entremise de son ancien président Maurice Kamto, accusait alors le gouvernement camerounais d’avoir opéré un changement illégal de Constitution. Et de reporter de manière successive et illégale des élections.

D’après le mémorandum daté du 20 avril et rendu public le 19 octobre, le MRC expose les faits de la cause. Le gouvernement camerounais a convoqué le Congrès, lequel a modifié certains articles de la Constitution en instaurant un poste de vice-président qui sera pourvu par nomination. Et dont le titulaire sera le successeur du président de la République.

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Cette démarche est en violation de l’article 64 de la Constitution en vigueur au Cameroun. Il stipule que « aucune procédure de révision ne peut être retenue si elle porte atteinte à la forme républicaine, à l’unité et à l’intégrité territoriale de l’Etat et aux principes démocratiques qui régissent la République ».

Or d’après le parti, elle porte atteinte au principe démocratique de l’élection. Elle va aussi à l’encontre des instruments juridiques fondamentaux de l’Union africaine. En l’occurrence le principe de « promouvoir les principes et les institutions démocratiques, la participation populaire et la bonne gouvernance ».

Le parti politique soutient aussi que la violation de l’article 64 de la Constitution camerounaise est une violation de l’article 3 paragraphe 10 de la Charte africaine de la démocratie et de la gouvernance et de l’article 4(p) de l’Acte constitutif de l’Union africaine qui rejette et condamne les changements anticonstitutionnels de gouvernements.

A propos du report successif des élections, le MRC accuse le gouvernement camerounais d’avoir violé l’article 15(4) de la Constitution camerounaise en reportant les élections législatives ; l’article 3(4) de la Charte africaine de la démocratie et de la gouvernance en reportant les élections municipales ; l’article 25 du pacte international relatif aux droits civils et politiques pour les deux types d’élections. Les prorogations de mandats des députés et conseillers municipaux 2025-2026 et 2026-2027 privent les populations de l’exercice de leur droit de vote et portent ainsi atteinte aux principes démocratiques, relève le parti d’opposition.

Au regard de ces différents faits, le MRC formule ses prétentions auprès de l’Union africaine. Le parti demande à l’organisation de sanctionner le Cameroun en appliquant des mesures prévues dans des textes.

Il s’agit en l’occurrence de la suspension de la participation de l’Etat du Cameroun à l’Union africaine ; des actions diplomatiques en vue du rétablissement des mécanismes constitutionnels de dévolution démocratiques du pouvoir par les élections ; l’engagement à respecter la Constitution et l’Etat de droit et la garantie de non-répétition des actes de changement anticonstitutionnel de gouvernement. Le Parti demande par ailleurs d’interdire les voyages, de refuser la délivrance de visas, de geler les avoirs à l’encontre des auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ; sans oublier les restrictions commerciales.

Mais, six mois après la saisine de l’Union africaine et le dépôt du mémorandum, le parti d’opposition ne présente pas de réponse de l’organisation continentale. Au pays, l’Etat continue de fonctionner avec les mêmes institutions et les changements décriés par le MRC. Alors que ce parti dénonce un coup d’Etat constitutionnel, d’autres partis malgré tout, demandent au chef de l’Etat de nommer le vice-président.

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