Des jeunes ont décidé de mettre en place une veille citoyenne de l’exécution des promesses présidentielles.
Au lendemain de l’adresse du Chef de l’État à la jeunesse, la BdS-OngolaLab-UYI a réuni étudiants, jeunes chercheurs et acteurs associatifs pour une analyse sans complaisance. Objectif : mesurer la portée réelle du discours présidentiel et formuler des propositions concrètes pour l’insertion socioprofessionnelle.
Premier constat : un mélange d’espoir et de scepticisme. Si la reconnaissance institutionnelle des difficultés que traverse la jeunesse est saluée, la lassitude domine face à la répétition d’annonces perçues comme peu suivies d’effets. « Le problème reste le temps qui s’écoule entre la décision et l’implémentation », résume un participant.
Derrière les formules volontaristes, beaucoup redoutent un énième catalogue d’intentions.
La question des financements dédiés à l’entrepreneuriat cristallise les critiques. Les intervenants dénoncent l’opacité persistante dans la gestion des fonds publics et réclament deux garanties : l’équité territoriale pour rompre avec le sentiment que le réseau prime sur le mérite et la traçabilité numérique des ressources, afin que chaque franc annoncé soit effectivement versé aux projets sélectionnés.
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En filigrane, c’est la crédibilité de la parole publique qui est en jeu.
Le débat ne s’est toutefois pas limité à pointer les insuffisances de l’État. Une autocritique a émergé : déficit d’audace, faible taux de candidatures aux programmes existants, manque d’information ou de confiance. « On ne peut pas exiger la performance publique sans discipline citoyenne », a souligné un jeune docteur.
L’université apparaît comme un maillon stratégique. Les participants plaident pour une contextualisation des savoirs, une recherche-action tournée vers les besoins locaux et un renforcement de dispositifs comme la BdS-OngolaLab-UYI, appelée à devenir interface entre campus, communautés et pouvoirs publics.
Cinq résolutions ont été adoptées, dont la mise en place d’une veille citoyenne sur l’exécution des annonces présidentielles et la production d’une note de plaidoyer structurée à l’endroit des ministères concernés.
Les recommandations sont claires : instaurer une méritocratie fondée sur l’expertise, associer des observateurs indépendants aux comités de sélection, accélérer la décentralisation des opportunités.
Au-delà du discours, la jeunesse réunie à Yaoundé appelle à un changement de paradigme : passer d’une politique d’annonce à une culture de résultats mesurables.
L’année 2026 est posée comme un test. Chaque promesse présidentielle devra désormais être évaluée à l’aune de sa mise en œuvre. Moins de rhétorique, plus de redevabilité : telle est l’exigence d’une génération lucide, qui refuse d’être spectatrice de son propre avenir.




