Des manifestations, attaques verbales et même physiques aux allures tribales se multiplient dans certaines localités du pays. Elles pullulent sur la toile à mesure que l’élection présidentielle approche au Cameroun.
La scène politique camerounaise est en ébullition à sept mois de la tenue de l’élection présidentielle. Les discours de haine et autres boules puantes l’inondent depuis quelque temps. Ils sont parfois suivis d’attaques physiques sporadiques dans certaines zones du pays. La dernière page marquant cette ébullition est ouverte depuis dimanche dernier. Un leader politique, traitant de « bandit » Ernest Ouandié reconnu comme héro nationaliste de l’UPC a mis la toile et les médias en effervescence.
Sa déclaration suscite d’une part la condamnation des acteurs politiques, en particulier les militants de l’UPC qui menacent de traîner l’auteur des propos en justice, non sans démontrer qu’il n’a pas d’épaisseur pour parler des leaders historiques du parti du crabe. D’autre part, la sortie du leader du mouvement KAWTAL suscite des réactions des ressortissants d’une région qui crient au tribalisme. La déclaration de Abel Elimbi Lobe, selon eux, révèle le degré de tribalisme et de haine du personnage.
Le tribalisme et la haine, voilà deux fléaux qui animent la scène politique à la veille du scrutin. Des militants des partis politiques opposés se déchirent sur la Toile à cause de la différence de positions sur des sujets d’actualité. Interpellé à ce sujet, Maurice Kamto, président national du MRC a déclaré n’avoir donné mandat à aucun de ses soutien d’agresser d’autres personnes. Il a énoncé 10 commandements que ses soutiens doivent observer. Sur le terrain, le climat n’est pas calme partout.
A Meyo-centre dans le département de la Vallée du Ntem, région du Sud, un affrontement a opposé des ressortissants du Sud à ceux des régions du Nord-Ouest et de l’Ouest sur fond de haine tribale. L’on déplore deux morts, un du Sud et l’autre du Nord-Ouest. L’intervention des autorités administratives, sécuritaires et judiciaires a permis de maîtriser la situation le 20 février dernier.
En outre, les manifestations à la SOSUCAM avec un mort et 150 hectares de plantations de cannes à sucre détruits et celles de Guidiguis et Taïbong au sujet de la création du parc de Ma Mbed Mbed montrent la précarité de la paix dans certaines zones du pays.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
La situation s’avère délicate en cette période qui précède l’élection présidentielle. L’on constate que toute sortie critique peut susciter des étincelles entre militants de partis opposés ou entre les ressortissants de différentes communautés ou tribus. La situation appelle les uns et les autres à la responsabilité et à la maîtrise de soi dans les discours. Dans le cas contraire, les prises de parole peuvent conduire la scène politique à l’implosion avant les prochaines échéances électorales.