Selon le Baromètre économique de la Cemac publié par la Banque mondiale, le taux de croissance du pays est passé à 3,5% en 2024 contre 3,3% en 2023.
L’activité économique dans la Communauté économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac) a connu une expansion en 2024, avec une croissance du PIB estimée à 3% contre 2% en 2023, et le Cameroun affiche une performance en matière de croissance la plus solide, avec un taux de croissance de 3,5 % révèle le Baromètre économique de la Cemac publié par la Banque mondiale le 25 juin dernier. Selon le document, cela s’explique principalement par « l’augmentation des exportations de cacao et de coton, lié à de meilleurs rendements, à des prix plus élevés et à un approvisionnement en électricité plus fiable ».
Le Cameroun est suivi par le Gabon qui affiche un taux de croissance moyen sur la période de 2,9%. Ensuite vient la République du Congo avec une croissance modeste de 2,6%. La croissance la plus faible selon les estimations a été enregistrée en République centrafricaine avec le taux de croissance estimé à 1,5%, puis la Guinée Equatoriale avec 0,9%. Le Tchad, lui, fait un bond significatif avec un taux de croissance de 3,7%.
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Bien que l’économie camerounaise ait progressé de 3,5% contre 3,3% en 2023, les perspectives économiques du pays sont très peu optimistes. De nombreuses sources de vulnérabilité demeurent. Selon la Banque mondiale, on est bien en deçà de l’objectif de 6,6% fixé par la Stratégie Nationale de Développement (SND30). Le taux de pauvreté a augmenté pour atteindre 23, 3%, en raison de la persistance du manque d’emplois. Ainsi, 125937 personnes supplémentaires devraient basculer dans l’extrême pauvreté, portant leur nombre total à plus de 7 millions d’ici 2027. Le déficit budgétaire s’est creusé en passant de 0,7% du PIB en 2023 à 1,5% du PIB en 2024, en raison de dérapages des dépenses courantes. Le nombre de personnes vivant sous le seuil international de pauvreté a augmenté selon les estimations passant de 6,2 millions en 2021 à plus de 6,9 millions en 2024, l’indice de la pauvreté en milieu urbain a presque doublé.
Selon les estimations de la Banque mondiale, la croissance dans la région Afrique centrale devrait ralentir à 2,5% en 2025, en raison de la baisse des cours du pétrole, de la faible demande mondiale en matières premières et d’un environnement commercial international incertain. Pour inverser cette courbe, « des mesures concrètes et ambitieuses sont nécessaires ». Avec en premier « la traduction en actes concrets des engagements pris par les pays de la zone Cemac pour assurer la viabilité budgétaire dans la région », peut-on lire sur ledit document. Il s’agit entre autres des réformes axées sur l’amélioration des politiques budgétaires, financières et structurelles.



