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Secteur pétrolier : ce qui cloche dans le financement du projet Cstar

La Société nationale des hydrocarbures (SNH) a signé une convention cadre avec BGFI Bank Cameroun assortie d’un mandat, en vue…

La Société nationale des hydrocarbures (SNH) a signé une convention cadre avec BGFI Bank Cameroun assortie d’un mandat, en vue de la mobilisation de plus de 118,2 milliards FCFA pour la construction de la raffinerie de pétrole Cstar à Kribi.

L’entreprise publique et le groupe bancaire gabonais BGFIBank ont signé, le 4 novembre 2025, une convention-cadre pour le financement du projet de raffinerie. Selon les porteurs de projet, il vise à réduire la dépendance du pays aux importations de produits pétroliers, en substituant jusqu’à 30 % des volumes actuellement importés, à créer plus de 2 000 emplois directs.

« Notre mission consistera à structurer le schéma global de financement de la participation de la SNH, à hauteur de 210 millions de dollars, soit 118,2 milliards de FCFA, à assurer le conseil financier de la SNH, à mobiliser les ressources nécessaires auprès d’institutions financières locales et régionales et à coordonner l’ensemble du dispositif financier de manière efficiente et rigoureuse », a déclaré Abakal Mahamat, Administrateur-Directeur général de BGFIBank Cameroun.

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Sauf que, des  avis détectent des anomalies. Me Akere Muna, ex-bâtonnier, a souligné ces incongruités. Dans une communication intitulée « Du scandale Glencore au Mirage Cstar », l’avocat dénonce des  fausses promesses du président de la République Paul Biya en matière de lutte contre la corruption.

« Le 6 novembre, le Président de la République s’est tenu devant la nation et a fait une promesse solennelle : renforcer la lutte contre la corruption. Cet engagement, prononcé dans les lieux sacrés du pouvoir, sonne creux lorsqu’on le confronte à la saga persistante de la corruption et à l’émergence d’une nouvelle arnaque, potentiellement massive, qui se déroule dans notre secteur énergétique national », indique-t-il.

Il rappelle l’affaire Glencore impliquant la SNH et des responsables du secteur pétrolier et énergétique au Cameroun encore en cours au tribunal de Londres. « Cette affaire, dont le procès est prévu pour 2027, met à nu une conspiration de plusieurs années impliquant des paiements corrompus entre d’anciens employés de Glencore et nos propres institutions nationales, la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) et la Société Nationale de Raffinage (SONARA), couvrant la période de 2007 à 2014 ».

Pourtant, alors même que ce scandale avance lentement dans les tribunaux, « un nouveau schéma alarmant semble prendre forme : le soi-disant « Projet CSTAR » à Kribi », décrit-t-il.Ce dernier dénonce des incohérences dans la signature de la convention entre BGFI Bank et la SNH. Selon celui-ci, le récit officiel, fourni par la SNH, parle d’une « étape majeure » et d’une « vision stratégique ». Cependant, un examen plus attentif révèle des irrégularités profondément troublantes.

« Les Signataires Fantômes : Le Directeur Général de la SNH, Adolphe Moudiki, est nommé comme signataire de cet accord-cadre de 120 milliards de FCFA. Pourtant, il est conspicuellement absent des photographies de la cérémonie. L’image publiée de lui en train de signer provient d’un événement totalement différent. De plus, le Président du Conseil d’Administration de la SNH n’apparaît nulle part », dénonce Akere Muna.

A ce constat, le Bâtonnier se demande comment des négociations d’une telle ampleur, pour une nouvelle raffinerie, peuvent-elles se dérouler sans la présence physique du Directeur Général de la SNH, et plus alarmant encore, sans le Ministre de l’Énergie ? Cela suggère un contournement délibéré de la supervision et de la hiérarchie gouvernementale établie, selon Akere Muna.

« Le Paradoxe de la Raffinerie de Limbe; On nous demande de croire en la construction d’une nouvelle raffinerie à Kribi alors que la raffinerie existante de Limbe, un atout national vital, gît en ruines en attente de réparation. Cette priorisation irrationnelle défie toute logique et tout sens économique, soulevant la question fondamentale : Cui bono ? À qui profite le crime ? », questionne-t-il.

Pour lui, la lutte contre la corruption doit commencer par la SNH. Car, l’affaire Glencore « démontre une culture historique de corruption au sein de la SNH ». Alors, « le projet CSTAR a toutes les caractéristiques de son successeur, une arnaque sophistiquée conçue pour détourner des milliards de fonds publics sous couvert de sécurité énergétique ».

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