L’universitaire coordonnateur Bds-OngolaLab-UYI plaide pour un encadrement rigoureux des nominations des jeunes dans les administrations et entreprises d’État.
Quels critères objectifs devraient être définis pour garantir une sélection basée sur la compétence et le mérite plutôt que sur l’appartenance politique ou personnelle ?
La question des nominations dans les administrations publiques et les entreprises d’État dépasse le simple enjeu de renouvellement générationnel ; elle touche au cœur même de la crédibilité institutionnelle et de la performance publique. Si l’on souhaite garantir que ces nominations reposent sur la compétence et le mérite plutôt que sur l’appartenance politique ou personnelle, il devient nécessaire d’encadrer le processus par des exigences claires, objectives et vérifiables.
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Quel mécanisme transparent peut-être mis en place pour assurer l’égalité des chances entre les jeunes issus des différentes Régions et milieux sociaux ?
La première condition est la définition publique des profils attendus, en lien direct avec les missions stratégiques des structures concernées. Les compétences techniques, l’expérience pertinente et la capacité démontrée à produire des résultats doivent constituer le socle de toute décision. Mais au-delà des qualifications, la question de la moralité et de l’intégrité ne peut être éludée. Une enquête préalable sur le parcours éthique, la réputation professionnelle et la gestion antérieure des responsabilités confiées permettrait de renforcer la confiance dans les profils retenus. La compétence sans intégrité fragilise les institutions ; l’intégrité sans compétence limite leur efficacité. Les deux dimensions doivent être indissociables.
Comment concilier la volonté de rajeunissement des institutions avec l’exigence d’expérience et de compétence pour les postes stratégiques ?
La volonté de rajeunir les institutions peut parfaitement s’inscrire dans cette logique. Le rajeunissement ne doit pas être symbolique, mais fondé sur la capacité des jeunes cadres à porter des projets structurants et à répondre aux exigences fixées. Lorsqu’une nomination est encadrée par un cahier de charges clair, une obligation de résultats, une évaluation régulière et une attention à l’équilibre national, l’âge cesse d’être un facteur de controverse pour devenir un élément secondaire face à la performance.
Quelles garanties institutionnelles peuvent prévenir le favoritisme ou le clientélisme dans le processus de sélection ?
Les dirigeants nommés dans les administrations et les entreprises d’État doivent savoir que leur maintien à la tête des structures dépendra de leur capacité à atteindre des objectifs mesurables, à gérer efficacement les ressources publiques et à rendre compte de leur action. L’évaluation périodique, fondée sur des critères transparents, constitue une garantie contre l’inefficacité et le clientélisme.
La question de la diversité et de la représentativité territoriale doit également être prise en compte avec discernement. Lorsque les nominations semblent se concentrer de manière récurrente sur des profils issus de régions disposant déjà d’élites fortement présentes au centre du pouvoir étatique, un sentiment de frustration peut s’installer chez les jeunes des autres territoires. Il est donc important que la compétence demeure le critère central, tout en veillant à une représentativité équilibrée qui reflète la pluralité nationale. Une administration inclusive, où toutes les régions et tous les milieux sociaux peuvent légitimement se projeter, renforce la cohésion nationale et limite les perceptions d’exclusion.
Quel rôle la société civile, les universités ou les organisations professionnelles pourraient-ils jouer pour renforcer la crédibilité et la transparence du processus ?
La consultation de la société civile, des organisations professionnelles et, lorsque cela est pertinent, d’experts issus du monde académique peut contribuer à crédibiliser le processus. Il ne s’agit pas de transférer le pouvoir de nomination, mais d’introduire des mécanismes consultatifs permettant de recueillir des avis techniques, d’identifier des compétences reconnues et d’apporter un regard indépendant sur les profils envisagés. Cette ouverture renforcerait la perception d’équité et réduirait les soupçons de favoritisme.
Par ailleurs, toute nomination devrait être accompagnée d’un cahier de charges précis, définissant les objectifs stratégiques, les indicateurs de performance et les délais d’évaluation. La responsabilité publique implique des obligations de résultats.
En définitive, restaurer la confiance dans les nominations publiques suppose de passer d’une culture de proximité à une culture d’exigence. La transparence des critères, l’enquête sur l’intégrité, la consultation d’acteurs indépendants, l’attention à la diversité nationale et l’institutionnalisation des obligations de résultats constituent des leviers essentiels pour faire des nominations non pas des privilèges, mais des engagements formels au service de l’intérêt général et de l’unité nationale.




