Entre 2020 et 2025, l’État du Cameroun a injecté près de 719,38 milliards de FCFA dans les dix entreprises publiques les plus soutenues financièrement.
À elle seule, la Sonara absorbe 479 milliards de FCFA, soit près de 67 % du total. Le Port autonome de Douala suit avec 90,8 milliards, loin devant la SIC (35 milliards) et Camair-Co (27 milliards). Des chiffres dévoilés par la Chambre des comptes de la Cour suprême qui relancent le débat sur une hémorragie persistante des finances publiques.
Pendant que les Camerounais subissent la vie chère, la pression fiscale et le recul des services publics, les entreprises d’État continuent d’engloutir des ressources colossales. Le dernier état des lieux de la Chambre des comptes met en lumière une réalité troublante : l’argent public sert encore, massivement, à maintenir sous perfusion des structures dont les performances peinent à justifier de tels sacrifices.
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La Sonara, avec 479 milliards de FCFA de financements publics en cinq ans, illustre à elle seule l’ampleur de cette dépendance. Derrière elle, le Port autonome de Douala (90,8 milliards), la SIC (35 milliards), Camair-Co (27 milliards), la Magzi (21,38 milliards), Sonatrel (21,20 milliards), la CRTV (12,82 milliards), la Semry (10,90 milliards), EDC (10,28 milliards) et Camwater (10 milliards) complètent ce classement.
Au-delà des montants, une question demeure : jusqu’à quand le contribuable financera-t-il des entreprises dont les besoins en subventions semblent sans fin ? En l’absence d’une véritable culture de performance, ces injections répétées ressemblent davantage à un colmatage permanent qu’à une stratégie de redressement. Plus qu’un simple soutien financier, c’est le modèle de gouvernance des entreprises publiques qui se retrouve aujourd’hui sur le banc des accusés.



