Le Pr Jacques Fame Ndongo, ministre d’État de l’Enseignement supérieur, a commis une bourde grammaticale lors des Jeux Universitaires d’Ebolowa. Il a classé « n’eussent été »au « subjonctif imparfait » alors qu’il s’agit du « plus-que-parfait du subjonctif ». Une erreur que relève Darren LAMBO EBELLE, Professeur de Lettres, qui dénonce « l’ostentation du savoir » au détriment de la rigueur.
La vidéo a fait le tour des réseaux. Le 6 août 2026 à Ebolowa, le Pr Jacques Fame Ndongo, « Ministre d’État, Ministre de l’Enseignement Supérieur et Chancelier des Ordres Académiques », a livré un discours fleuve. Verbe haut, synonymes en série. Le style était là. La grammaire, non.
Dans sa chronique, Darren LAMBO EBELLE pointe du doigt une faute lourde : « vous avez catégorisé « n’eussent été » comme relevant du subjonctif imparfait. Cette assertion appelle une rectification d’ordre grammatical. »
L’erreur : confondre les temps
Selon le professeur, diplômé de l’ENS de Yaoundé :« « Eussent été » constitue une forme verbale périphrastique et composée. Elle procède de la combinaison de deux éléments : premièrement L’auxiliaire avoir conjugué à l’imparfait du subjonctif : que j’eusse, qu’ils eussent ; Ensuite le participe passé du verbe être : été. » Et de conclure : « En conséquence, « n’eussent été » relève du plus-que-parfait du subjonctif du verbe être. C’est le temps de la concordance requis dans la protase […] des conditionnelles irréelles de type 3. »
L’imparfait du subjonctif de « être », lui, donne : « que je fusse, que tu fusses, qu’il fût, que nous fussions, que vous fussiez, qu’ils fussent. La forme « fussent été » est inexistante en français. » Réf. : Grevisse, Le Bon Usage, 16ᵉ éd.
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Leçon de déontologie
Au-delà de la faute, c’est la posture qui pose problème. Pour Darren LAMBO EBELLE,« En sciences de l’information et de la communication, un axiome s’impose : « la responsabilité éditoriale et politique d’un texte incombe à son auteur, et non à son scripteur. »»
Le Ministre ne peut donc se cacher derrière un conseiller. « La secrétaire assure la dactylographie et la mise en forme. Le Ministre, lui, endosse la paternité intellectuelle du discours.»
Le professeur rappelle enfin un principe de mesure : « À votre niveau d’excellence, Monsieur le Ministre d’État, la forme la plus accomplie de la correction est la « correction silencieuse ». Relire, amender, réécrire. » Et il cite Lincoln pour conclure : « Il vaut mieux se taire et passer pour un sot que de parler et de lever tous les doutes à ce sujet. »
La grandeur, dit-il, « ne réside pas dans l’ostentation du savoir, mais dans la délicatesse et la bienveillance avec lesquelles on le transmet. »




