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Pétrole et constitution : la refondation selon Babissakana

Dans une lettre de réforme adressée à Issa Tchiroma Bakary, Babissakana, ingénieur financier place l’audit du pétrole au fondement de…

Dans une lettre de réforme adressée à Issa Tchiroma Bakary, Babissakana, ingénieur financier place l’audit du pétrole au fondement de la réforme constitutionnelle qu’il juge indispensable pour le Cameroun.

S’inscrivant dans la dynamique politique de l’Union pour le Changement 2025, il soutient que deux engagements majeurs l’audit de l’État et l’option fédérale sont indissociables d’une refondation durable.

L’auteur retrace la trajectoire constitutionnelle du pays : Constitution du 4 mars 1960 pour le Cameroun oriental, Constitution fédérale du 1er septembre 1961 scellant l’union avec le Cameroun occidental, puis révision du 2 juin 1972 instaurant l’État unitaire, avant les modifications de 1996 et 2008. Il rappelle que la Fédération garantissait aux États fédérés de larges compétences, notamment sur les ressources naturelles, protégées par l’article 47 interdisant toute révision portant atteinte à l’intégrité fédérale.
Selon Babissakana, la découverte du pétrole dans le bassin de Rio del Rey, au début des années 1970, constitue le tournant décisif. Les activités d’exploration menées par Elf-Serepca, puis les découvertes commerciales de Betika (1972), Asoma (1973) et Kole (1974), auraient renforcé l’intérêt stratégique de la ressource. Le référendum du 20 mai 1972, officiellement présenté comme un instrument d’unité nationale, aurait en réalité permis la centralisation du contrôle pétrolier au sommet de l’État. La création de la Sonara en 1973, puis de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) en 1980, placée sous la tutelle de la présidence, aurait consolidé ce modèle.

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La lettre insiste sur les enjeux de gouvernance. S’appuyant sur des travaux académiques couvrant 1977-2006, Babissakana souligne l’écart significatif entre les recettes pétrolières estimées et celles effectivement inscrites au budget. Il évoque également les « interventions directes » de la SNH hors circuit budgétaire, régulièrement signalées par les partenaires financiers internationaux. Pour lui, cette opacité structurelle a empêché une planification efficace du développement et nourri une dépendance institutionnelle autour de la présidence.

En conséquence, l’audit proposé devrait couvrir l’ensemble de la chaîne pétrolière, des premiers permis aux contrats de partage et aux flux financiers récents. Trois mesures préalables sont avancées : retirer la tutelle de la SNH à la présidence au profit des ministères techniques et financiers ; revoir les mécanismes de reporting ; interdire toute dépense publique hors budget via la SNH.
Enfin, Babissakana plaide pour un retour à une organisation fédérale, qu’il juge plus efficiente que l’État décentralisé actuel. Fondé sur la subsidiarité, l’autonomie des entités fédérées et leur participation aux décisions nationales, le fédéralisme offrirait, selon lui, un cadre plus adapté à la diversité du pays et à une gestion transparente des ressources. L’audit du pétrole deviendrait ainsi, dans sa vision, le levier d’une refondation institutionnelle et morale du Cameroun.

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