Une décision conjointe des ministères des Finances et des Postes et Télécommunications, signée le 25 mars 2026, redéfinit en profondeur les règles d’importation et de mise en circulation des terminaux numériques au Cameroun.
« Mettre fin aux circuits informels et sécuriser les recettes publiques » : telle est l’ambition affichée par la nouvelle décision conjointe Minfi–Minpostel. Le texte encadre désormais de manière stricte la collecte des droits et taxes de douane sur les téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques importés, en application de la loi de finances 2023.
Dans le détail, la mesure concerne un large éventail d’acteurs : importateurs, distributeurs, mais aussi simples utilisateurs en possession d’appareils non dédouanés à l’entrée sur le territoire. « Tout terminal introduit au Cameroun doit être déclaré et régularisé », insiste l’administration.
Une exception notable est toutefois prévue. Les appareils déjà connectés aux réseaux locaux avant l’entrée en vigueur du dispositif bénéficient d’une amnistie fiscale et sont considérés comme en règle.
Au cœur du nouveau mécanisme figure le système informatique douanier CAMCIS, désormais interconnecté à une plateforme nationale d’identification des terminaux. Grâce au numéro IMEI, chaque appareil est enregistré, classé et suivi. L’objectif est clair : empêcher l’accès aux réseaux de télécommunications aux équipements non déclarés.
Les opérateurs de téléphonie sont ainsi mis à contribution. Ils devront configurer leurs réseaux pour bloquer tout appareil non répertorié, sous peine d’être considérés comme complices de fraude. En revanche, les touristes et visiteurs de courte durée bénéficient d’un régime souple : leurs appareils peuvent être utilisés jusqu’à 30 jours, renouvelables dans une limite cumulée de 90 jours, sans paiement de droits.
Autre innovation : un outil gratuit de vérification du statut douanier sera mis à disposition du public. Les vendeurs auront l’obligation de permettre aux clients de s’assurer, avant tout achat, que l’appareil est en règle.
Par ailleurs, les détenteurs d’appareils reçus en don devront se rapprocher des services douaniers pour leur régularisation. Quant aux distributeurs disposant de stocks déjà dédouanés, ils disposent d’un délai de 60 jours pour les enregistrer dans la nouvelle base de données.
Enfin, le texte rappelle avec fermeté que « l’importation ou la détention d’appareils non déclarés constitue une infraction de contrebande », passible de sanctions conformément à la réglementation en vigueur.
Avec cette réforme, les autorités entendent à la fois renforcer le contrôle du marché des terminaux numériques et sécuriser les recettes fiscales, dans un secteur en pleine expansion.
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