La chambre basse du parlement valide la volonté du président de la République malgré la dénonciation de la violation des lois soulevée par quelques acteurs de l’opposition.
L’Assemblée nationale du Cameroun a adopté le 23 mars 2026 le projet de loi portant prorogation du mandat des députés du 31 mars au 20 décembre 2026. Le président de chambre, Théodore Datouo, a prononcé la formule d’adoption au terme de la séance plénière en présence des députés et du ministre délégué à la présidence chargé des relations avec les assemblées. François Bolvine Wakata a défendu le texte en s’appuyant sur l’article 15(4) de la Constitution pour énoncer les motifs de la prorogation.
D’après le membre du gouvernement, la prorogation intervient après les évènements qui ont émaillé la présidentielle du 12 octobre 2026. Lesquels ont conduit à la destruction des édifices publics dont certains locaux abritant les services de Elections Cameroon, l’organe chargé de l’organisation matérielle des élections. La prorogation a pour but de permettre à Elecam de se réajuster pour mieux organiser les prochaines élections. Aussi, toujours à la suite de la présidentielle, la prorogation permet d’alléger les charges financières que représentent les élections pour le budget de l’État. Ces arguments ont servi de réponses aux interrogations et préoccupations de certains députés et acteurs politiques de l’opposition qui sont intervenus dans ou hors de l’hémicycle du palais de Verre Paul Biya.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Lors de la plénière consacrée à l’examen dudit projet de loi, le député Jean Michel Nintcheu a déclaré que l’exposé des motifs présenté par le gouvernement »est une insulte à l’intelligence nationale en ce qu’il est pratiquement le copier-coller de celui qui avait justifié la prorogation l’an
née dernière’’. L’ancien cadre du SDF reproche au gouvernement d’avoir fait une »interprétation fantaisiste de l’article 15(4) de la Constitution dans un but électoraliste’’; d’avoir décidé de proroger le mandat pour laisser passer la tempête de la récente présidentielle. Par ailleurs, le député n’entend pas valider l’argument lié aux difficultés financières invoqué par le gouvernement dans un pays où »le gaspillage est érigé en mode de gouvernement ».
Comme lui, mais hors de l’hémicycle, l’homme politique Abdouraman Hamadou Babba cherche la confirmation de la conformité à la constitution de la prorogation du mandat des députés. Il a saisi le Conseil constitutionnel par correspondance en date du 23 mars. Il lui demande de porter à sa connaissance l’avis motivé par lequel il a déclaré au président de la République que les motifs de la seconde prorogation du mandat des députés sont conformes à la Constitution. Mais, son action n’a aucune influence sur les travaux au sin du parlement.
Tout compte fait, malgré les dénonciations, doutes et réserves, le projet de loi est adopté à l’Assemblée nationale. Le Sénat constitué des membres du parti au pouvoir à 94%, va bientôt l’entériner et le chef de l’État va promulguer la loi.




