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Visite papale au Cameroun : les couacs d’un régime à la dérive

Entre discours incendiaire, cafouillage médiatique et querelles d’appareil, les premières heures de la visite de Sa Sainteté le Pape Léon…

Entre discours incendiaire, cafouillage médiatique et querelles d’appareil, les premières heures de la visite de Sa Sainteté le Pape Léon XIV au Cameroun révèlent au grand jour les fissures d’un système à bout de souffle.

Dès son arrivée, le ton est donné. Loin des politesses diplomatiques, le souverain pontife lâche un réquisitoire cinglant contre la gouvernance en place. « Un peuple ne peut prospérer sous le poids de l’injustice et du silence imposé », martèle-t-il, avant d’enfoncer le clou : « Les dirigeants qui confondent longévité et légitimité trahissent l’espérance de leur nation ». Des mots lourds de sens, qui résonnent comme une mise en accusation directe du régime Biya, englué dans ses décennies d’immobilisme. Jamais un hôte de ce rang n’avait osé un tel affront public.
Mais le scandale ne s’arrête pas là. En plein discours papal, la retransmission nationale s’effondre. Écran figé, signal coupé : la vitrine du pays s’éteint au moment le plus critique. La CRTV évoque aussitôt « l’indisponibilité de la fibre optique » et « une instabilité du réseau Internet ». Une explication vite démontée par CAMTEL, qui réplique avec une précision technique implacable : aucune panne, aucune rupture, aucun incident sur ses infrastructures. Pire, l’opérateur accuse la télévision publique d’avoir elle-même contourné le réseau national au profit de solutions bricolées, révélant une impréparation criante.
Cette passe d’armes entre institutions d’État tourne au ridicule. D’un côté, une CRTV prompte à rejeter la faute ; de l’autre, un CAMTEL qui expose méthodiquement les incohérences et pointe des « choix technologiques » douteux. Résultat : un spectacle affligeant d’un appareil étatique désarticulé, incapable de coordonner ses propres outils lors d’un événement mondial.
Au fond, ces trois couacs le sermon humiliant du Pape, la panne en direct et la guerre ouverte entre entités publiques racontent une même histoire : celle d’un régime usé, où l’improvisation le dispute à l’irresponsabilité. Le vernis craque, et derrière l’apparat officiel apparaît une réalité plus brutale : un système à bout de souffle, incapable même d’assurer le minimum lors d’une visite historique.

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