Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun, parti politique d’opposition, demande à l’organisation continentale africaine d’appliquer des sanctions prévues dans ses instruments juridiques.
Le MRC n’entend pas laisser prospérer ‘’le changement anticonstitutionnel de gouvernement’’ au Cameroun. Le parti politique, vu la récente modification de la Constitution adoptée le 04 avril dernier au Congrès et promulguée par le chef de l’État le 14 avril, vu le nouveau report des élections municipales et législatives décidé par le chef de l’État, se tourne vers l’Union africaine pour introduire un recours. Le parti politique dépose un mémorandum et des correspondances datés du 20 avril dernier à l’Union africaine.
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Dans ces documents adressés au président en exercice de l’UA Évariste Ndayishimiye et au président de la commission de l’UA Mahmoud Ali Youssouf, il dénonce le ‘’coup d’État constitutionnel’’ perpétré au Cameroun à la faveur des décisions récentes. Lesquelles ont d’une part, par la loi portant révision de la Constitution, introduit un poste de vice-président de la République que le chef de l’État peut nommer et qui va, en cas de vacance, achever le mandat du président de la République. Et d’autre part, par d’autres lois, ont prorogé le mandat des députés, ouvert la loi à une prorogation à l’infini du mandat des conseillers municipaux et reporté les élections législatives.
Le MRC dénonce auprès de l’Union africaine que ce ‘’dispositif revient ainsi à permettre au président de la République, élu au suffrage universel, de désigner un successeur appelé à exercer la magistrature suprême sans passer par l’élection’’. Ce qui va, rappelle le parti, à l’encontre des principes démocratiques, en violation à l’article 64 de la Constitution. Par ailleurs, le parti politique arrivé deuxième à la présidentielle de 2018 soutient que le report successif des élections législatives et municipales ‘’méconnait l’exigence constitutionnelle de la tenue régulière d’élections libres, justes et transparentes et porte atteinte au droit de chaque citoyen de voter, d’être élu et de participer à la direction des affaires du pays’’.
Le parti par l’entremise de son président Maurice Kamto, estime que l’instauration d’un vice-président nommé ainsi que la prorogation des mandats accroissent le risque d’une crise politique grave. Ainsi, l’Union africaine condamnant le changement anticonstitutionnel de gouvernement dans ses principes, le MRC lui demande d’appliquer des sanctions prévues contre le Cameroun. Les sanctions prévues en cas de coups d’État et autres changements anticonstitutionnels de gouvernements sont entre la suspension du pays concerné de toute activité de l’UA, la restriction des voyages et gel des avoirs des auteurs dudit coup d’État.



