Alors que commencent les commémorations du Mois africain sur l’ensemble du continent, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a renouvelé ses appels à des réparations pour l’esclavage.
Des siècles d’exploitation et de pillage systématique des ressources africaines continuent d’infliger des dommages économiques durables aux pays africains, a souligné M. Ramaphosa dans une lettre d’information publiée lundi.
Les réparations doivent aller au-delà de la compensation financière pour inclure « une hausse des investissements directs étrangers et un meilleur accès au marché pour les pays africains touchés par l’esclavage », selon le président.
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Il a appelé à des transferts de technologies et de compétences, ainsi qu’au retour inconditionnel des artefacts volés il y a des siècles au continent.
D’après M. Ramaphosa, ces réparations pourraient apporter un soutien crucial aux objectifs de développement de l’Afrique et aider les pays à gérer la hausse du niveau de leur dette, un fardeau qu’il relie directement à l’héritage économique durable de l’esclavage et de l’exploitation coloniale.
« Non seulement des millions d’Africains ont été mis en esclavage, mais les puissances coloniales se sont enrichies grâce aux vastes portions du territoire africain qu’elles ont occupées de force et aux précieuses ressources qu’elles ont extraites », a-t-il expliqué.
Il a souligné que la traite des esclaves ne représentait pas uniquement le vol de millions d’hommes, de femmes et d’enfants africains, mais également un système grâce auquel les anciens esclavagistes ont amassé une immense fortune par le biais de pratiques déshumanisantes qui ont duré des siècles.
Cette fortune, a-t-il poursuivi, a été renforcée par le pillage d’artefacts culturels, dont la plupart sont toujours exposés dans les musées européens.
Les propos de M. Ramaphosa font suite à une résolution adoptée en mars par l’Assemblée générale des Nations Unies pour reconnaître l’esclavage comme étant « le plus grave crime contre l’humanité ».
Une majorité de pays se sont exprimés en faveur de cette résolution qui appelle à la justice réparatrice, ce qui inclut des excuses formelles, des compensations financières et la restitution des artefacts. Les Etats-Unis, Israël et l’Argentine ont voté contre, tandis que les pays membres de l’Union européenne se sont abstenus.
« La forme la plus extrême de déshumanisation a été la traite transcontinentale des esclaves perpétrée par les empires européens et les réseaux de commerce d’esclaves à travers le Sahara et l’Afrique du Nord », a insisté M. Ramaphosa.
« Pendant plus de cent ans, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants africains ont été chassés, capturés et vendus non pas comme des personnes, mais comme des possessions », a-t-il ajouté.



