670 T-shirts, 32 toiles et 5 drapeaux »ambazoniens » ont été interceptés à la frontière. Une saisie qui, dix ans après son déclenchement, dit tout de la persistance de la crise anglophone.
Ce mardi 29 septembre 2026, la Brigade commerciale des Douanes d’Ekok a intercepté sur l’axe Nigeria-Cameroun un véhicule transportant un important matériel de propagande séparatiste. Dissimulé dans la cargaison, le stock était destiné à alimenter les réseaux du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les deux régions camerounaises en proie à la crise sécessionniste depuis 2016.
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Loin d’être le fruit d’un simple contrôle douanier, cette interception est un marqueur. Elle confirme que la chaîne logistique transfrontalière des groupes armés reste active, et que la guerre, entrée dans sa 10e année, est loin d’être éteinte. Et ce, malgré les efforts des pouvoirs publics, la fragilisation progressive des donneurs d’ordre et financiers des groupes armés séparatistes ainsi que la tendance baissière des violences.
C’est pourtant en fin octobre 2016 que tout part d’un mouvement d’humeur d’avocats et d’enseignants anglophones à Bamenda et Buea pour défendre le Common Law et le sous-système éducatif anglophone. La répression est brutale. Fin 2017, la contestation mute en conflit armé avec la proclamation de la République autoproclamée d’Ambazonie.
Dix ans plus tard, malgré le Grand Dialogue national de 2019 et le Statut spécial accordé aux deux régions, le corridor Ekok-Bamenda, par où vient d’être saisi ce matériel, reste l’une des principales artères d’approvisionnement des séparatistes en propagande, armes, composants d’engins explosifs improvisés (EEI) et Tramadol.
Le 29 septembre, deux jours avant le 1er octobre, jour anniversaire de la réunification du Cameroun méridional sous administration britannique au Cameroun français indépendant, la persistance des véléités séparatistes se lit dans les chiffres. Plus de 6 000 morts selon l’ONU et International Crisis Group ; plus de de 700 000 déplacés dont près de 584 000 internes.



