Après trois mois d’enrôlement, la Communauté urbaine de Yaoundé est passée à la phase de contrôle des taxis. Lancée le 3 juillet et prolongée jusqu’au 5 octobre, l’opération d’identification numérique repose sur une plateforme dédiée et l’attribution d’un QR Code à chaque véhicule enregistré.
Depuis le 6 octobre, le ton a changé. Les taxis qui ne sont pas enregistrés ou qui ne portent pas l’identifiant requis s’exposent désormais à la mise en fourrière. Le 7 octobre, plusieurs véhicules ont ainsi été conduits dans les services municipaux de fourrière.
La démarche répond à un véritable problème. Le secteur compte des véhicules aux documents irréguliers, des faux numéros de portière et des conducteurs difficilement identifiables. La CUY veut disposer d’une base de données permettant de mieux suivre les véhicules, les chauffeurs et les éventuels incidents.
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Mais la méthode soulève quelques réserves. À la veille de la clôture, plus de 20 000 enregistrements avaient été réalisés, alors que la Communauté urbaine de Yaoundé, (CUY) estimait le parc à plus de 30 000 taxis, relève le quotidien Cameroon Tribune. Autrement dit, une partie du parc restait encore en dehors du dispositif.
La question est donc moins celle de la pertinence du QR Code que celle de l’accompagnement des retardataires. Transformer rapidement une opération d’identification en opération répressive peut produire de la conformité, mais aussi pénaliser des chauffeurs dont certains disent avoir rencontré des difficultés administratives ou techniques.
Surtout, un QR Code ne suffira pas à lui seul à sécuriser les passagers. Il faudra que les données soient régulièrement mises à jour, que les contrôles soient fiables et que les plaintes des usagers puissent réellement déboucher sur des actions.
La numérisation des taxis est donc une étape intéressante. Mais son succès se mesurera moins au nombre de véhicules mis en fourrière qu’à la capacité de la ville à rendre le transport plus sûr, plus professionnel et plus traçable.
Pour le moment, dans la ville, la répression en cours n’est pas sans conséquence sur le transport. Dans les rues de Yaoundé, les taxis sont rares depuis le 06 octobre. Les usagers s’accumulent aux points de ramassages aux heures de pointe : le matin avant 8 heures et l’après-midi à partir de 16 heures. L’attente est parfois longue pour des habitants.
En dehors des véhicules mis en fourrière, certains conducteurs non en règle évitent de rouler sous peine de sanction. D’autres préfèrent se rabattre dans des périphéries de la ville pour exercer. La situation profite aux clandestins et aux mototaxis qui sillonnent les quartiers où ils ont l’autorisation de circuler. Ils n’hésitent pas, face à l’offre, à augmenter le prix qu’ils pratiquent d’habitude.




