Le rapport sur l’état de la corruption en 2025 indique des secteurs dans lesquels les dénonciations contre la corruption restent des plus élevées, signe que ces secteurs couvent encore plus le fléau que d’autres.
En 2025, la Commission nationale anticorruption (Conac) indique avoir reçu et exploité 8 036 dénonciations contre 10 520 dénonciations en 2024. Le bilan affiche une diminution de 2 484 dénonciations en valeur absolue et 23,61% en valeur relative. Leur exploitation montre la persistance de certaines mauvaises pratiques au sein des administrations camerounaises.
Il s’agit entre autre de la perception de frais pour des services réputés gratuits ou l’exigence des frais supérieurs à ceux prescrits par la règlementation ; l’abus de fonctions qui se traduit par la rétention abusive de dossiers, des lenteurs injustifiées dans le traitement ou des contrôles fantaisistes ; le détournement de biens publics ; le trafic d’influence ; l’enrichissement illicite.
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Les secteurs qui enregistrent plus de dénonciations sont les affaires foncières, la fonction publique, les finances, l’éducation, les marchés publics, l’eau et l’énergie, la santé publique, le commerce, les forêts et la faune, les transports, l’administration territoriale, les sports. Ces 12 secteurs viennent en tête sur le tableau des dénonciations reçues au cours de l’année 2025. Certaines de ces administrations apparaissent dans la liste des administrations contre lesquelles le Tribunal criminel spécial, compétent pour statuer sur des cas de détournement de 50 000 000 et plus, a rendu 11 arrêts définitifs pour des affaires de relatives à l’infraction de détournement de biens publics.
Les entités concernées par ces décisions de justice sont le ministère des Finances, le ministère de la Santé publique, la Société nationale des hydrocarbures, la Cameroon Airlines Corporation, la Cameroon Télécommunications, la Société de développement du coton, l’Université de Maroua, la Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments et consommables médicaux essentiels, le Fonds de développement des filières cacao et café ainsi que l’Unité de traitement agricole par voie aérienne.
D’après le rapport, sur 25 personnes mises en cause dans ces affaires, 12 ont été déclarées coupables. Elles écopent des peines allant de 12 ans à l’emprisonnement à vie. De leur fait, l’Etat du Cameroun a subi un préjudice financier s’élevant à la somme de 4 271 863 409 FCFA.
D’autres décisions, quatre au total, ont été rendues par la Chambre des comptes de la Cour suprême contre les comptables publics pour un montant de 9 millions 205 mille FCFA. Ces décisions sanctionnent des retards de production des comptes de gestion et des fautes de gestion. Les entités concernées sont le ministère de la Santé publique, le ministère des Finances, la commune de Meri et la commune de Kiiki.
Dans l’ensemble, ces secteurs font partie des secteurs par lesquels l’Etat du Cameroun continue d’être dépossédés de ses avoirs du fait d’actes de corruption. Les mesures de lutte n’ont pas encore permis de mettre le compteur de ces actes à zéro. Les pesanteurs demeurent dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption ainsi que sur des activités connexes.




