Deux communiqués aux tons différents de deux institutions agissant dans le même secteur présentent la dangerosité du Body Filler, l’illégalité de la pratique par une influenceuse et l’un annonce une procédure judiciaire.
La publication sur les réseaux sociaux des vidéos et photos des actes esthétiques visant à grossir certaines parties du corps et les réactions qui s’en suivent provoquent la réponse du ministère de la Santé publique et de l’Ordre national des médecins du Cameroun. L’ONMC souligne l’illégalité de la pratique. L’Ordre indique que des plaintes ont été déposées notamment contre Manuela Nimpa. Elle est connue comme influenceuse sous le pseudonyme de Croqueuse de diamants. Il lui est reproché la réalisation d’actes invasifs, des injections de Body Filler en dehors du cadre légal applicable.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
La démarche de l’Ordre vise à faire ouvrir une enquête pour vérifier les faits et établir les responsabilités sur la base des lois de la République. À la lecture de la communication de l’Ordre, l’intéressée n’est pas reconnue comme une professionnelle légalement habilitée. Elle n’est pas inscrite au tableau de l’Ordre. Par conséquent, elle n’est pas autorisée à administrer des injections de Body Filler.
De tels actes médicaux et esthétiques pratiqués en dehors du cadre légal et déontologique exposent pourtant des personnes à des risques sanitaires. Le ministre de la Santé publique revient sur ces risques dans son communiqué du 16 juillet 2026 non sans décrier l’illégalité qui entoure la pratique. Manaouda Malachie rappelle de prime abord que l’injection des produits de comblement corporel doit être effectuée par des professionnels dûment qualifiés. Et dans des structures sanitaires autorisées dans le respect de la loi. Tout contrevenant s’expose à des poursuites judiciaires.
Sans toutefois saisir la justice pour d’éventuelles sanctions contre la Croqueuse de diamants, le membre du gouvernement se tourne vers le public pour lister les « risques graves » liés au Body Filler. Les produits non homologués administrés par des personnes non-qualifiées peuvent causer des infections sévères, des réactions allergiques, des déformations et douleurs chroniques, la migration du produit dans l’organisme, la névrose des tissus, les complications pouvant mettre la vie en danger.
Aussi le ministre invite-t-il des populations à faire preuve de vigilance, recourir aux chirurgiens qualifiés en cas de besoin. Il rassure que les services du ministère effectuent des vérifications au sujet de l’illégalité de la pratique du Body Filler. Il promet des sanctions administratives et judiciaires. Simple acte de communication pour rassurer l’opinion ou annonce d’une procédure rigoureuse, le public sera éclairé au fur et à mesure.



