Cameroun : le plaidoyer de l’Irad en faveur des farines locales

Avec la guerre en Ukraine, les exportations de blé sont bloquées. Pour l’Institut de recherches agricoles pour le développement, une loi…

Avec la guerre en Ukraine, les exportations de blé sont bloquées. Pour l’Institut de recherches agricoles pour le développement, une loi devrait être adoptée pour l’incorporation de substituants locaux dans la fabrication du pain.

La Russie est le premier exportateur de blé dans le monde. Avec l’Ukraine, ils représentent un quart du commerce mondial. En Ukraine, les bateaux sont à quai, chargés, mais ne peuvent pas circuler », explique Caroline Dufy, maître de conférences à Sciences Po Bordeaux. Jeudi 10 mars, la tonne de blé coûte plus de 400 euros (environ 262 000 F cfa), quand son prix était de 275 euros en janvier 2022.

Au Cameroun comme partout ailleurs sur le continent, on redoute des pénuries. Pour y faire face, l’Institut de recherches agricoles pour le développement (Irad) essaye d’apporter des solutions dans le but de réduire la dépendance aux importations. Le 6 avril dernier, l’Irad a publié une réflexion portant sur la mise en œuvre de la politique d’import-substitution en ce qui est de la panification.

A travers leurs propositions, l’Institut fait un plaidoyer en faveur d’une loi imposant l’incorporation de 10% des farines de manioc dans la fabrication du pain. «Décréter une telle décision impliquerait une production de 680 200 tonnes de tubercules, 34 000 ha de champs, 6000 emplois directs et plus de 11 milliards de Fcfa d’économies chaque année», suggère l’Irad.

Dans la perspective de l’implémentation de la politique d’import-substitution, poursuit l’Institut, le pays ayant opté d’asseoir sa souveraineté alimentaire au travers de sa stratégie nationale de développement à l’horizon 2030, «l’incorporation des farines locales dans les produits fabriqués par les meuniers, permettra de réduire les importations et de pleinement investir dans la transformation structurelle de l’économie camerounaise».

Des structures locales proposent du pain à base de farine de maïs, et de tubercules de manioc ou de patate, comme alternative en perspective à une éventuelle pénurie de farine de blé. Seulement ces denrées, bien que très prisées des consommateurs sont faiblement produites en raison d’une production très limitée de matières premières.

A cet effet, Utracom, entendez Unité de transformation et de commercialisation du manioc de Ngoulémakong est inaugurée dans la région du Sud en 2015. Dans les prévisions, il s’agissait d’une unité de transformation d’une capacité de 7 à 8 tonnes par jour.

Le gouvernement camerounais, à travers le Programme d’appui à la création et au développement des Pme de transformation agricole (Pacd/Pme), piloté par le ministère des Pme, a investi 36 millions dans la mise en place de cette unité industrielle, qui va s’avérer être un flop. Le Sud Cameroun n’étant pas un grand bassin de production du manioc.

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