Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parti au pouvoir vacille dans le Mayo-Rey, région du Nord, au profit de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès à l’approche des élections.
Au total, 749 militants d’une seule zone géographique claquent la porte d’un parti politique. Pour le Rdpc, ce n’est pas un simple transfuge, c’est un séisme. Et le symptôme d’une fragilisation profonde dans le Mayo-Rey, le plus vaste département du Cameroun. Samedi 19 septembre 2026, ces ex-militants Rdpc de Mayo-Laddé, un village de 6 000 âmes présenté comme bastion imprenable du parti du Flambeau ardent, ont fait allégeance à l’Undp de Bello Bouba Maigari. Or, Mayo-Laddé n’est pas un cas isolé. A Tokombere dans l’Extrême-Nord, localité ayant été sous influence politique de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguie Djibril de regrettée mémoire, le même écho résonne. Près de 200 autres militants auraient quitté le parti au pouvoir, indiquent des sources. C’est la confirmation d’une tendance lourde alimentée par des raisons multiples que des démissionnaires expriment à peine.
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Le vote Tchiroma a fissuré la maison Rdpc
Lors de la présidentielle du 12 octobre 2025, le village Mayo-Laddé a voté à plus de 90% pour Issa Tchiroma Bakary, l’ex-ministre de la Communication, de l’Emploi et de la formation professionnelle devenu challenger du régime, arrivé deuxième avec 33% au niveau national. Loin de tirer les leçons, le Rdpc local aurait répondu par des menaces, selon le maire Undp de Touboro Célestin Yandal.
A l’inverse, la base militante s’est radicalisée, optant pour le soutien à un autre fils de la région du Nord, Bello Bouba Maigari, dont les performances à la présidentielle de 2025 ont fini par faire croire qu’il a perdu toute sa popularité dans la région. Pourtant, les populations couvent de multiples insatisfactions à l’encontre du régime gouvernant. Tel que les démissionnaires du Rdpc font savoir : « Promesses non réalisées, manque de points d’eau, détournement massif de plaques solaires, de centres de santé, répressions, insécurité ». Le message est clair : le militantisme de fidélité ne suffit plus quand les besoins de base ne sont pas assurés.
Cependant, tout n’est pas pris. bien que le verrou porte des issures dans le Mayo, le département reste dominé par le Rdpc qui tient trois communes sur quatre, Rey-Bouba, Tchollire et madingrin, au détriment de l’Undp qui influence Toubouro.
Mais l’Undp ne cache plus son ambition
« Les gens sont fatigués du Rdpc. », annonce Célestin Yandal qui promet de remporter les trois sièges du département aux prochaines législatives. Et le parti a des arguments. D’après lui, le basculement du Mayo-Laddé est le signe que d’autres villages peuvent suivre la voie et tourner le dos au parti au pouvoir.
Ce ralliement illustre trois risques majeurs pour le Rdpc à l’approche du double scrutin de début 2027 : d’abord l’effet Tchiroma durable. le vote de 2025 n’était pas un vote protestataire ponctuel. Il s’installe et se transforme en enracinement local au profit de l’Undp, allié naturel de Tchiroma dans le Nord en 2025. Ensuite la crise de la redistribution. Eau, électricité solaire, centres de santé détournés, insecuritee, incitent les populations à claquer la porte. Le discours du Rdpc sur le développement ne passe plus dans les villages où les populations constatent le délabrement. Enfin, l’usure du système de contrôle. Menacer au lieu de convaincre ne fonctionne plus. La base, surtout jeune, assume désormais de rompre publiquement.
Si le Rdpc ne revoit pas sa méthode dans le Mayo-Rey – et plus largement dans tout le Grand Nord qui a voté massivement contre lui en 2025 – les municipales et législatives de 2027 pourraient bien transformer un signal d’alarme en déroute électorale.



