C’est la tricherie sur l’âge des joueurs qui a poussé la Fecafoot à annuler les compétitions chez les minimes et cadets
La campagne que la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) vient de mener à travers quatre villes du pays (Yaoundé, Douala, Bafoussam et Garoua) à travers la radiographie du poignet gauche a donné des résultats troublants. « Au Cameroun, la situation est catastrophique : les âges de 90% des joueurs évoluant dans les championnats jeunes sont trafiqués », indique le rapport du Dr Philémon Tamo. Les tests ont été menés entre le 29 février et le 31 mars 2012, sur 3600 joueurs évoluant en catégories minimes et cadets. Au final, la Fecafoot a constaté que seuls 477 jeunes évoluant dans les catégories des moins des 17 ans avaient l’âge requis pour évoluer dans cette tranche. Pour les autres, il est apparu clairement que la plupart avait diminué leurs âges pour être plus compétitifs et passer avec succès les phases d’essais dans les clubs professionnels.
Mais, les enquêteurs ont également identifié des jeunes dont l’âge réel variait entre sept et huit ans et qui avaient augmenté leur âge à 12 ans, pour avoir rapidement une licence et être sélectionnés dans les clubs. Face à cette grave situation, la Fecafoot a recommandé, au cours d’une réunion, l’annulation des championnats nationaux minimes et cadets pour la saison sportive 2011/2012. Réuni le 15 mai dernier, le comité exécutif de la Fecafoot a entériné cette proposition. « Il sera seulement organisé cette saison dans les catégories jeunes, le championnat junior avec des joueurs ayant effectivement l’âge pour jouer chez les juniors ». De l’avis du Dr Tamo, les conséquences physiques et biologiques pour ses athlètes qui abaissent leur âge ou pour ceux qui sont artificiellement vieillis sont énormes. «Chez les enfants de 8-10 ans, que l’on fait passer chez les cadets, il aura un retentissement de la croissance sur le plan osseux».
Toutefois, selon le médecin de la Fédération, les résolutions ont été prises pour éradiquer ce phénomène : « Il faut organiser régulièrement des regroupements des jeunes enfants dont l’âge est compris entre 6 et 12 ans afin de leur permettre de s’amuser avec le ballon et en même temps profiter pour les enregistrer tous. Ce qui de notre avis va réduire la marge de man uvre des encadreurs ou des moniteurs qui voudront frauder. Nous avons proposé que dès la signature de la première licence à ces jeunes qu’on leur fasse passer un électrocardiogramme. Ce qui permettra par exemple d’exclure les enfants potentiellement porteurs de malformation parce qu’il vaut mieux faire arrêter un apprenti footballeur à 8 ou 9 ans plutôt d’attendre 18 ans pour lui annoncer que son c ur ne lui permet pas de jouer au football ».




