Face aux dysfonctionnements persistants des plateformes fiscales, l’Association camerounaise pour la défense des droits du contribuable interpelle le ministère des Finances et plaide pour un report des échéances afin d’éviter une défaillance massive des acteurs économiques.
La transition numérique de l’administration fiscale camerounaise montre ses limites. Dans une correspondance adressée au ministre des Finances le 04 mai 2026, l’Association camerounaise pour la défense des droits du contribuable (ACDC) alerte sur « des difficultés graves et persistantes » qui empêchent de nombreux usagers de remplir leurs obligations en ligne, en particulier dans le cadre de l’Impôt général synthétique (IGS).
Au cœur des préoccupations, l’instabilité de la plateforme Harmony, dédiée aux déclarations fiscales, jugée « inaccessible pour un grand nombre de contribuables ». À cela s’ajoutent les défaillances du dispositif Trésor Pay, dont le recours au système OTP bloque fréquemment la validation des paiements. Résultat : des procédures interrompues et une frustration croissante chez les contribuables.
L’ACDC dénonce également la saturation des serveurs à l’approche des échéances, contraignant comptables et fiscalistes à travailler « dans des conditions épuisantes », souvent de nuit. « Cette situation expose les praticiens à des risques réels liés au stress et à l’insomnie », souligne l’association. Plus préoccupant encore, certaines obligations fiscales seraient appliquées à tort, notamment l’exigence de la Déclaration statistique et fiscale (DSF) pour des contribuables non concernés.
Ces dysfonctionnements affectent directement les très petites et moyennes entreprises, principales cibles du régime IGS, qui se retrouvent dans l’incapacité technique de se conformer aux délais. L’ACDC redoute ainsi une pénalisation injuste de contribuables de bonne foi.
Pour éviter une crise plus profonde, l’association propose d’étendre l’échéance de l’IGS jusqu’au 30 juin 2026. Elle appelle également à une stabilisation préalable des plateformes, à la correction des erreurs d’assujettissement et à la mise en place d’un mécanisme de communication d’urgence en cas de panne.
Si elle salue les efforts déjà consentis par les autorités, l’ACDC insiste : la modernisation fiscale « ne saurait se faire au détriment des contribuables », qui attendent un système fiable et accessible.
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