Portée par la digitalisation et l’essor du Mobile Money, la CEMAC franchit un cap en 2024. Mais derrière la croissance des usages, la réalité de l’inclusion financière reste plus nuancée.
La transformation numérique des services financiers s’accélère en Afrique centrale. En 2024, la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) a enregistré une progression notable de ses systèmes de paiement, confirmant une mutation profonde des habitudes économiques. Selon la Banque des États de l’Afrique Centrale, le secteur affiche des performances solides, portées par l’innovation et la concurrence accrue entre acteurs.
À fin 2024, la sous-région comptait 502 prestataires de services de paiement, totalisant plus de 56,47 millions de comptes. Une hausse significative, alimentée notamment par la popularisation des solutions de Mobile Money. Près de 9 millions de nouveaux comptes ont été ouverts en un an, grâce à des applications bancaires de plus en plus accessibles et interopérables.
Désormais, un même numéro de téléphone peut servir à gérer plusieurs comptes auprès d’opérateurs différents, brouillant les frontières traditionnelles entre banques et télécoms.
Cette expansion ne doit toutefois pas être surinterprétée. Le nombre de comptes (contre 45 millions en 2023) ne reflète pas mécaniquement une hausse équivalente du nombre d’utilisateurs bancarisés, certains clients détenant plusieurs comptes.
Sur le plan des transactions, la dynamique reste robuste. Le volume total a atteint 3,92 milliards d’opérations, pour une valeur cumulée de 182 962 milliards de francs CFA. Cela représente une progression de 5,76 % en volume et de 6,38 % en valeur sur un an. Une croissance tirée par la digitalisation des services publics, l’offensive commerciale des prestataires, et le rôle structurant des fintechs, devenues des partenaires clés dans l’écosystème.
L’offre s’est également diversifiée : microcrédits via Mobile Money, paiements de taxes, transferts internationaux directs… autant de services qui renforcent l’attractivité des paiements électroniques. Parallèlement, les améliorations en matière de service client et la baisse des coûts ont favorisé l’adoption.
Mais le rythme ralentit. L’introduction de taxes sur les paiements scripturaux dans plusieurs pays de la CEMAC a freiné l’élan observé les années précédentes.
Enfin, le paysage des instruments de paiement reste dominé par le Mobile Money, qui représente 94,34 % des transactions. Les cartes bancaires et virements classiques peinent à rivaliser, confirmant un basculement durable vers des solutions dématérialisées.
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