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Fiscalité locale : la grande escroquerie politique

Vendue comme un levier d’autonomie pour les collectivités, la loi de 2024 sur la fiscalité locale s’enlise dans ses propres…

Vendue comme un levier d’autonomie pour les collectivités, la loi de 2024 sur la fiscalité locale s’enlise dans ses propres contradictions, révélant les failles d’un État incapable d’assumer sa réforme.

Dans un article scientifique publié par Peggy Kuate Todom, Docteur PhD en sciences politiques à l’Université de Dschang, dans la Revue africaine des Sciences juridiques, administratives et politiques, l’analyse démonte les illusions d’une réforme présentée comme historique.

Selon lui « la réforme de la fiscalité locale au Cameroun (…) s’enlise dans une contradiction flagrante : l’État, censé impulser le changement, en devient le principal frein ». Derrière l’ambition affichée, la loi N°2024/020 du 23 décembre 2024 expose déjà ses limites.

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Sur le papier, tout semblait pourtant réuni pour réussir : dématérialisation des paiements, rationalisation des taxes, implication renforcée de l’administration fiscale. Mais la réalité administrative rattrape brutalement ces ambitions. Manque d’équipements, outils numériques défaillants, impréparation des services : la réforme se heurte à une machine étatique grippée. « Une réforme ne vaut que par sa mise en œuvre », tranche l’auteure.

Le blocage est d’abord technique. Les contribuables peinent à obtenir leur numéro d’identifiant unique, condition préalable au paiement des impôts. Ce dysfonctionnement crée un effet domino redoutable : sans immatriculation, pas de paiement ; sans paiement, pas de recettes ; et sans recettes, aucune politique locale viable.

Plus inquiétant encore, le transfert du recouvrement aux services fiscaux de l’État, censé améliorer la performance, semble avoir aggravé la situation. « Le recouvrement repose encore largement sur des déclarations volontaires », souligne Peggy Kuate Todom, mettant en lumière un système fragile, loin des standards annoncés.

À cela s’ajoute une dimension politique difficile à ignorer. Dans un contexte électoral tendu en 2025, la mobilisation fiscale aurait été reléguée au second plan, certains responsables redoutant l’impopularité de mesures contraignantes. Une prudence politique qui frôle l’inaction et fragilise davantage les finances locales.

Au final, la réforme censée émanciper les Collectivités Territoriales Décentralisées semble produire l’effet inverse. Dépendantes, désorganisées, privées de ressources, elles peinent à remplir leurs missions. La fiscalité locale, présentée comme un moteur de développement, reste à ce jour une promesse inachevée voire un symbole d’impuissance publique.

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