La revue de géopolitique vient de publier un bilan humain chiffré de la crise qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au Cameroun.
10 ans après le début de la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le bilan humain est préoccupant. Les hostilités qui opposent les forces de défense et de sécurité aux combattants séparatistes ont déjà entrainé 6 000 morts, tous des Camerounais, des centaines de milliers de déplacés dont 80 000 ont trouvé refuge au Nigeria. Environ 648 000 personnes se sont disséminées dans d’autres zones du pays, déclare la revue Conflits.
La publication dénombre aussi 2 000 prisonniers politiques depuis le début de la crise. En citant l’organisation non gouvernementale International Crisis Group, la revue rappelle aussi que la même crise prive 600 000 élèves de scolarité dans les régions concernées. Une zone où les écoles ont fonctionné de manière précaires ou sont restées fermées ces dernières années. A cela s’ajoute des villages entiers réduits en cendres.
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Le conflit plonge ses racines dans la période coloniale et lorsque la France et la Grande Bretagne ont obtenu le mandat d’administrer le Cameroun. Chaque puissance impulsant son système différent de celui de l’autre a laissé sa partie du pays encrée dans des spécificités favorisant les revendications d’autonomie ou d’indépendance dans partie anglophone. L’indépendance autoproclamée de ‘’l’Ambazonie’’ en 2017 n’a pas obtenu la reconnaissance internationale tout comme elle n’a pas eu d’effet sur l’intégrité du territoire camerounais protégée par l’État.
D’après la revue, la répression violente des manifestations corporatistes est à l’origine de l’aggravation de la crise derrière laquelle se trouve un régime de de 43 ans qui rejette la logique de la séparation et maintient la décentralisation comme technique de gouvernance. En perspective, la revue voit une crise sans issue avec une dizaine de groupes séparatistes qui ne sont pas unanimes et l’État ‘’qui refuse le dialogue sur la base d’une quelconque autonomie ou fédéralisation’’. Malgré des efforts déjà fournis pour un retour à la paix, les hostilités se poursuivent.



