L’instance regroupant les avocats condamne avec la dernière énergie des atteintes par viol à l’intégrité physique des enfants. Elle exhorte plusieurs administrations à renforcer les mesures de prévention et de répression contre les auteurs.
Entre mars et fin mai 2026, une vingtaine de cas de viols d’enfants parfois suivis de meurtre sont portés à l’attention du public par diverses voies. Malgré la colère qui monte au sein de l’opinion pour les dénoncer, les auteurs continuent leur sale besogne. La situation s’érige désormais en phénomène, provoquant lyre des défenseurs des droits humains. Le Barreau du Cameroun condamne en effet les atteintes à l’intégrité physique des enfants, parfois très jeunes, ‘’à qui la pureté et l’innocence sont violées et volées par des diablotins sans foi ni loi’’.
L’Ordre des avocats s’indigne davantage en apprenant que la plupart des cas de viols mettent en cause des enseignants. Des établissements scolaires sont pointés comme des lieux où se déroulent ces atteintes. ‘’Le diable est désormais à l’école et se dissimule derrière la blouse pourtant noble des enseignants. Ainsi l’école qui était un lieu sûr pour les enfants serait elle aussi en voie d’être infestée par des criminels sexuels’’, regrette le Barreau qui répertorie la vingtaine de cas dénoncés depuis mars 2026.
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C’est avec consternation que le Barreau dit avoir appris des cas. Celui de Sieur Materne Rameaux Abomo Ngono enseignant qui aurait abusé d’une quinzaine de jeunes enfants âgés de 04 à 14 ans au quartier Meyo dans la ville de Yaoundé est le plus illustratif. A coté de lui, se trouve le cas de Divine Nawal âgée de 03 ans, élève dans une école à Yaoundé au quartier Odza qui serait aussi victime d’un viol. Un cas de trop qui a suscité des manifestations publiques aux abords de son école le 28 mai 2026. Le cas d’une autre jeune fille de 14 ans violée par son enseignant à PK14 à Douala, région du Littoral, celui d’une autre fille de 10 ans violée par un enseignant à Bangangte dans la région de l’Ouest figurent dans la liste. Dans le Nord-Ouest, une fille aurait été violée par un septuagénaire, lequel aurait remis une somme de 30 000 francs à la tante de la victime pour éviter la rigueur de la justice. Ces cas rappellent aussi le viol et le meurtre de Divine Mbarga Atangana, jeune fille de 11 ans dont le corps a été retrouvée à Yaoundé le 19 mars 2026.
Face au phénomène et au-delà de la dénonciation, le Barreau du Cameroun déplore la légèreté avec laquelle les prédateurs sexuels sont remis en liberté. Il invite tous les acteurs de la chaine judiciaire pénale à maintenir le ton ferme et la main lourde contre les agresseurs sexuels ; dénonce des arrangements amiables entre parents de victimes et prédateurs sexuels ; exhorte le ministre de l’Éducation de base et celui des Enseignements secondaires à accroitre le dispositif prudentiel relatif à l’enquête de moralité lors du recrutement des enseignants ; encourage la synergie entre ces ministères et celui des Affaires sociales ; crée une cellule spéciale chargée d’assister, de conseiller, et de défendre les cas de viols d’enfants ; et indique un numéro de téléphone par lequel les victimes de viols d’enfants peuvent contacter l’instance, le 654 815 610. L’instance participe ainsi à la croisade lancée par le gouvernement pour mettre fin au phénomène.



