À 27 ans, le Dr Ambelem Tangyie Aya-Nwi remporte le prix de la meilleure thèse de la Dschang School of Arts and Social Sciences. Soutenue le 20 mars 2026, sa recherche démontre que l’exclusion linguistique prive 60% des Camerounais des messages de santé et propose de remodeler la communication publique.
Et si le plus grand obstacle à la santé n’était pas médical mais linguistique ? C’est la thèse défendue par le Dr Ambelem Tangyie Aya-Nwi, sacré meilleure thèse de Doctorat 2025-2026 de la Dschang School of Arts and Social Sciences (DSASS).
Intitulée « A Sociolinguistic Analysis of Social Communication and Social Conflict within the Health Domain in the Multilingual Context of Cameroon », réalisée sous la direction du Pr Emmanuel Nforbi, la recherche s’appuie sur 4 ans d’enquête à Dschang, Bamenda et Douala, avec 500 questionnaires et 100 entretiens, notamment pendant la crise anglophone et la Covid-19.
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Le constat est politique : le système de santé camerounais prend insuffisamment en compte les réalités culturelles et linguistiques. L’identité culturelle détermine la confiance et l’accès aux soins. Pire, la famille et les amis restent la principale source d’information sanitaire, devant les professionnels. Les messages uniquement en français ou en anglais excluent 60% de la population, surtout rurale.
Le jeune chercheur, né en 1999 à Bafoussam et passé par Bafut et l’Université de Bamenda, propose trois ruptures : placer la résolution des conflits au cœur des messages de santé via une approche décentralisée, substituer au message national uniforme des approches identitaires délocalisées, et intégrer réellement la médecine traditionnelle africaine dans la recherche et les soins. Une thèse qui devrait aiguiller les politiques publiques.



